Conor Broekhart est clairement destiné à voler dans les airs, puisqu'il est né à bord d'un ballon en 1878 et donc qu'il sera un adolescent quand l'aviation fera ses premiers pas hésitants.
C'est également un garçon bien né, son père étant chef de la garde royale d'un minuscule royaume situé dans les iles Salines au large de l'Irlande et de plus, Isabelle, la fille du roi, ne lui est pas indifférent.
Malheureusement un complot ourdi par un traître va précipiter Conor dans la sinistre prison des Salines.
Impossible de ne pas songer au « Comte de Monte Christo » quand on lit Airman, la déchéance subite et imprévisible du héros, la rencontre avec un détenu, ici brève mais tout aussi décisive que celle de Dantès avec l'abbé Faria, l'évasion et la vengeance qui devient le but de sa jeune vie.
Mais bien sûr, Colfer, qui se démarque par ailleurs rapidement du roman de Dumas a mis sa patte dans ce formidable récit d'aventures, par exemple, le très long épisode de l'emprisonnement de Conor est très réussi, avec la description de cet univers carcéral extrême avec ses gardiens corrompus, vicieux et bornés et ses détenus qui ne survivent qu'en étant eux-mêmes prêts à tout.
Et on est loin du héros classique du roman d'aventure jeunesse pétri de bons sentiments, chez Conor, ça bouillonne et ça part dans tous les sens, y compris dans ceux que la morale réprouverait dans les conditions « normales ».
N'oublions pas également de signaler que le méchant (qui se nomme Bonvilain...) est très réussi et que les caractères féminins (la mère de Conor et Isabelle) sont bien trempés.
Et comme l'indique le titre, toutes les actions décisives du héros s'accompliront dans les airs, à commencer bien sûr par son évasion !
Au final, un long roman (mais depuis Harry Potter, on sait que ce n'est plus un obstacle) d'aventures qui respecte toutes les conventions du genre et qui ne pourra que passionner une très large tranche d'âge, de 12 à 16 ans.