Le quartet de Jim Black, batteur "underground" en cela qu'il illustre bien les tentatives musicales de la nouvelle scène jazz new-yorkaise, donne ici, à travers sa musique jouissive et intéressante, une occasion de repenser l'étiquette du jazz-rock, terme on ne peut plus galvaudé depuis des lustres.
Les productions des années 70 et 80 (Miles, Weather Report, Return to forever, Stanley Clarke, etc...) touchaient plus au funk et/ou à la fusion, puisant en tout et pour tout dans le rock son instrumentation amplifiée (guitares et basse électriques, claviers, effets sonores...) mais beaucoup moins son esthétique et son langage.
Dans ce disque, au contraire, le quartet (sax, guitare, basse, batterie) livre une musique brute et rugueuse, électrique et souvent binaire. Au travers de compositions originales (toutes de la plume du batteur), tantôt fiévreuses et mélancoliques, ou déterminées comme des machines en marche forcée, on se sent proche d'une esthétique double, fruit d'une démarche sincère et d'un alliage réussi entre une vision du rock assez sauvage, voire punk, et la musique improvisée au sens large.
Un mélange véritablement sous haute tension, à découvrir.