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Il y a comme ça des albums, des voix que l'on entend pour la première fois. Immédiatement, on fait des pronostics en se disant que ce disque-là fera sans aucun doute des adeptes. Arno Elias, jeune artiste français à l'avenir certain, a déjà fait un "tabac" avec "Une question d'habitude", single extrait de ce deuxième album (vendu à plus de 150 000 exemplaires) et représente d'ores et déjà l'un des espoirs de la chanson française. Auteur compositeur, cet autodidacte a également réalisé, joué, et mixé son disque à travers lequel il aborde des thèmes qui lui tiennent particulièrement à cur comme les relations humaines avec "Raconte-moi", la liberté ("Pas si facile") ou le refus des habitudes ("Une question d'habitude"). Son univers sonique, acoustique et électronique en même temps, prend des allures de pop acidulée particulièrement fouillée. Mais Arno Elias cède de temps à autre à l'attraction d'une mélodie plus mélancolique ("Le Dernier Rendez-vous"). Les amateurs apprécieront.
--Valérie Dupouy
Platine
Nous étions les premiers à croire en lui, alors vous imaginez que ce n'est pas ce deuxième album
Alchimie, marquant son passage de Polydor à BMG, qui va nous faire changer d'avis. D'autant qu'on retrouve ici tous les ingrédients qui faisaient du
Monde inconnu (1998), le premier essai très prometteur de l'ex-topmodel de Jean-Paul Gaultier, contenant son tube "J'ai perdu la mémoire", une vraie réussite : une voix chaude au grain original, des compositions élégantes lorgnant ouvertement sur la Brit'Pop qui a bercé son adolescence, une réalisation très créative et racée, mêlant pop acoustique et sonorités électroniques, sans oublier des textes soignés et ambitieux. À signaler d'ailleurs la reprise de "Le Dernier Rendez-vous", figurant déjà sur le précédent opus.
Quand on sait qu'Arno signe lui-même paroles, musiques et réalisation, et qu'il joue de tous les instruments, on ne peut que s'incliner devant la maturité de ce garçon de 29 ans seulement, que la nature a – de surcroît – doté d'un physique de beau ténébreux, en parfait accord avec ses thèmes d'inspiration quasi obsessionnels : la solitude, le poids du quotidien, le goût de l'indépendance... Après le bon accueil radio de "Une question d'habitude", premier extrait, suivi de "Elle ne te mérite pas", on souhaite à Arno de se faire enfin remarquer au Top albums : ce ne serait que justice. À l'avenir, on peut toutefois l'encourager à creuser davantage encore les failles qu'il semble porter en lui, histoire d'imprégner ses chansons d'une fébrilité qui lui fait encore défaut.