11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
Une déception, 30 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Alcina (DVD)
La production d'un opera seria n'est certes pas chose facile, tant il faut mettre d'atouts différents de son côté ; on pouvait toutefois espérer mieux pour le grand retour de Haendel en 2010 au Staatsoper de Vienne, où il n'avait pas été joué depuis 50 ans.
Certes la direction de Minkowski est irréprochable, les musiciens parfaits, opportunément placés parfois sur la scène (citons la belle prestation du violoncelliste Nils Wieboldt), la prise de son sans défaut, et il n'y a que deux scènes coupées, dont un air d'Oronte (acte II scènes 9 et 10).
Mais le plateau de chanteurs n'est qu'honorable, et pas toujours à la hauteur du chef d'oeuvre qu'est Alcina : d'emblée, protestons contre l'emploi d'un adolescent - mode qu'on croyait révolue, et qui est sans doute une concession au goût viennois des "Sangerknaben" - dans le rôle d'Oberto, gâché par la voix droite, acide et sans timbre d'Alois Mühlbacher. Dans les autres rôles secondaires, le baryton-basse Adam Plachetka (Melisso) et le ténor Benjamin Burns (Oronte), sont très satisfaisants. La mezzo Kristina Hammarström (Bradamante) donne un beau "E gelosia" (I.5), mais manque de puissance et d'aisance dans "Vorrei vendicarmi" (II.2). La soprano Veronica Cangemi (Morgana) semble un peu contrainte au début, mais a beaucoup de classe dans "Tornami a vagheggiar" (I.14), et est très émouvante dans "Ama, sospira" (II.5) et "Credete al mio dolore" (III.1) .
Quant aux deux rôles principaux, ils sont fort contrastés : le principal atout du spectacle est la soprano Anja Harteros dans le rôle-titre : très beau timbre, belle stature, elle abuse un peu du vibrato dans les forte, mais fait oublier ce défaut dans les deux derniers actes tant sa puissance et sa stabilité vocales sont convaincantes, notamment dans "Ah ! mio cor" (II.8) et "Ombre pallide" (II.13). En revanche, la mezzo Vesselina Kasarova est visiblement très mal à l'aise face à l'ambitus du rôle de Ruggiero, qui la contraint à une émission irrégulière et à des poitrinages franchement laids dans les graves.
Mais le pire, c'est la mise en scène d'Adrian Noble : sa seule idée - une représentation chez et par des aristocrates de la fin du XVIII° siècle dans leur salon - est contre-productive : d'abord, la scène - très étroite - est encombrée de figurants qui se croient obligés de minauder pour faire chic et dispersent l'attention du spectateur par leurs mouvements et leurs déplacements : ce "théâtre dans le théâtre" ne peut que nuire à la tension dramatique. Ensuite, il y a un hiatus pénible entre l'éclairage "façon bougies" de la plupart des scènes, et les couleurs criardes projetées par moments sur le fond de scène. Enfin, les costumes d'Anthony Ward présentent le même disparate : si les robes d'Alcina et de Morgana sont assez réussies, les travestis de Ruggiero et de Bradamante sont particulièrement disgracieux. Quant au ballet, (masculin) il est médiocre et très convenu.
Ajoutons que le chapitrage des plages du DVD indique l'incipit des récitatifs au lieu de celui des airs, ce qui est gênant.
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5.0 étoiles sur 5
Alcina : Un opéra merveilleux, 13 mai 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Alcina [Blu-ray] (Blu-ray Audio)
Alcina, un des opéras majeur de Haendel, met en scène une magicienne amoureuse. C'est un opéra merveilleux de par son genre mais aussi dans cette captation par la qualité du travail qui nous est présenté.
Je n'y vois aucune faiblesse :
- Le plateau vocal réuni est un des plus beau du moment
- Marc Minkowski et son orchestre nous donnent le plus beau Haendel qui soit
- Les décors et les costumes sont vraiment magnifiques
- La mise en scène est intelligente, drôle, jamais vulgaire et colle parfaitement au livret.
Il faut être bien difficile pour ne pas y prendre un immense plaisir !
Pour résumer je viens de passer 3h30 de pur enchantement baroque.
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4.0 étoiles sur 5
Belle soirée baroque, 5 mai 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Alcina (DVD)
Alcina, c'est un peu comme le Stabat Mater, d'innombrables compositeurs se sont tenté, au fil des siècles, à mettre en musique la même histoire avec des succès divers.
Et pour moi, c'est une fois de plus haendel qui mérite la palme.
Cette production très attendue d'Alcina à Vienne, bien que présentant quelques faiblesses, ne démérite pas pour autant.
Minkowski est parfait, son orchestre sonne formidablement, et l'excellente prise de son de cette captation lui sert d'écrin.
Le plateau lyrique est très correct dans l'ensemble, les rôles tenus par des femmes étant mieux servis que ceux des hommes restant un peu en dessous.
Quand à l'adolescent tenant le rôle d'Oberto, il m'est apparu très acceptable, en regard de la crainte que l'on peut éprouver d'entendre une voix juvénile tenir un rôle de cette importance.
La mise en scène et les décors restent de bon goût, mis en valeur par une qualité d'image(en HD) au dessus de la moyenne.
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