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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le chant d'abord !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Alexander Kipnis in Opera and Lieder (CD)
Né en Ukraine en 1891, mort aux USA en 1978, ayant fait ses études et une grande partie de sa carrière en Allemagne et en Autriche, qu'il quitta à la dernière minute en 1938, Alexander Kipnis est une des plus belles basses chantantes du XX° siècle.Ce double CD reprend des enregistrements des années 20 et 30, tous d'excellente qualité. Noble et réservé dans les souffrances de Philippe II, donnant une exemplaire leçon de retenue et de diction (et en allemand) dans l'air de la calomnie du Barbier, comme dans l'air d'Osmin, il cède, hélas ! aux ricanements sataniques, en vogue en ce temps-là, dans les stances du Méphisto de Faust. Mais les airs de Bartholo (Noces de Figaro) et de Leporello (Don Giovanni) sont chantés avec une élégance rare et bienvenue, et cela malgré les consonnes des syllabes allemandes dans lesquelles la mélodie mozartienne se prend un peu les pieds. Les autres grands moments sont les extraits de Wagner. Pogner noble et merveilleusement mélodieux, Gurnemanz évangélique face au juvénile et larmoyant Parsifal de Fitz Wolff, et sous la direction de Siegfried Wagner (!); Wotan puissant et déchiré dans les adieux à Brünnhilde, il est un Sachs aux aigus un peu courts mais plein de grandeur d'âme, et non de fanatisme nationaliste, dans le final des Maïtres. Le deuxième CD présente deux curiosités : un air du roi de l'Ariodante de Händel et un de Demetrio dans la Bérénice du même, en italien mais accompagnés au piano. De quoi faire hurler quelques baroqueux dogmatiques que nous connaissons, mais on ne remonte pas le temps, et les explorateurs de terres inconnues, les défricheurs, valent bien les bâtisseurs qui les suivent, et méritent leur reconnaissance. Le reste du CD est consacré à des lieder de Schubert, Schumann et Brahms. Mon incompétence en ce domaine laisse à d'autres le soin d'en parler, mais vu la réputation que Kipnis s'était faite dans ce répertoire, je doute qu'il soit décevant. S'il faut retenir quelque chose de Kipnis c'est "le chant d'abord !". Jamais le dramatisme ne l'emporte sur la diction, le phrasé, la mélodie. Il avait compris une chose essentielle, et qu'on oublie trop souvent, à savoir que l'incarnation d'un personnage d'opéra doit se chercher d'abord dans le respect de la musique que le compositeur lui fait chanter, et ensuite seulement dans l'interprétation que le chanteur en donne, et non l'inverse. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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