Hélène Carrère D'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie Française et spécialiste de la Russie nous fait découvrir le vrai visage d'Alexandre II. Ce Tsar qui fut, la victime le Dimanche 1er mars 1881, dans la capitale de l'Empire, d'un attentat alors qu'il se rend manège pour assister à une parade militaire. Dans un contexte de trouble politique et de danger terroriste, Alexandre II décide de faire son devoir de Tsar, malgré les avertissements prodigués par son entourage. N'avait-il pas déjà survécu à cinq tentatives d'assassinat ? Et la voyante qu'il consultait ne l'avait-elle pas prévenu qu'il ne succomberait qu'au septième attentat ? En effet, sur le chemin du retour, le tsar est la cible de terroristes. Une bombe éclate, des hommes et des femmes succombent mais Alexandre II est sauf...mais alors qu'il se porte au chevet des blessés, une seconde bombe est lancée vers le Tsar dont il n'y échappera point ! Assassiné au « nom du peuple » alors qu'il fut le Tsar qu'il apporta la liberté au peuple par l'abolition du servage.
L'histoire a souvent montré un Alexandre II « faible » se concentrant moins sur l'homme d'Etat que sur l'homme amoureux. C'est en raison de cette passion amoureuse avec la jeune Katia, accordant son caractère « faible », que les historiens ont estimés qu'il avait délaissé les affaires d'Etat. Le classifiant comme un Tsar faible. D'autant que les archives russes sous l'ère soviétique n'avaient pu être étudiés puisque scellées en 1917. Ce n'est que depuis la fin de l'URSS où l'histiographie se rend compte du vrai visage d'Alexandre II où Hélène Carrère D'Encausse est allé les étudier sur place pour découvrir le véritable portrait d'Alexandre II notamment à travers les très nombreuses correspondances entre Alexandre II et son Père. Homme d'intelligence et d'une grande culture de par son instruction d'excellence notamment par les nombreux voyages à travers les puissances Européennes, succédant et obtenant le pouvoir à la suite de la guerre de Crimée - 1853 à 1856 - un révélateur des faiblesses structurelles de l'Empire russe, causant du même coup la mort de l'Empereur de Russie, Nicolas Ier, son père. Alexandre II enclenchera de véritable réforme de fond - près de dix ans de réformes ininterrompues entre réforme de la justice, réforme de l'opinion publique où il lève la censure, libération de la parole et des écrits, éducation de la paysannerie pour une participation populaire au niveau politique, réforme de l'enseignement de base jusqu'au Université, réforme du service militaire. Il transforme l'ensemble des éléments publiques de la Russie...
Alexandre II fera preuve d'un génie politique, seul, devant faire face à la Noblesse Russe - véritable contre-pouvoir -, devant faire face à la bureaucratie - phénomène depuis Pierre LeGrand qui se méfia de ses Nobles-, ainsi que sa propre famille mis-à-part son frère et la Princesse Marie de Hesse-Darmstadt, les paysans - qui ne comprennent pas sa réforme- ainsi que l'Intelligentsia qui trouve que cela ne va pas assez vite. Que nenni, Alexandre II lancera les réformes, preuve de son fort caractère, avec une finesse politique inouïe. Découvrez-donc ce géant politique qu'est Alexandre II, le réformateur et libérateur !