1989. Le thrash a déjà quelques années : il a posé ses jalons et ses codes. Avec Master of Puppets, Peace Sells, Reing in Blood et Among the Living déjà sortis, pensez donc !
Nombreux sont les seconds couteaux, très méritants, mais qui ne rentreront pas dans le cercle très fermé des "méchants qui font des sous".
Testament, Death Angel, Coroner, Exodus et j'en passe auront un succès éphémère, souvent grace à un unique album venu secouer l'auditeur, mais peinent à garder leur statut.
C'est encore après tout ce petit monde qu'arrive Annihilator, ou le Jeff Waters project...Quelle place reste-il pour lui ?
La place d'une comète, d'une étoile filante d'une rare intensité qui comme les autres formations citées hélas, peinera à retrouver la gloire de ses débuts.
Parce quels débuts ! un des meilleurs disques thrash de l'histoire, rien que ça ! Annihilator possède une vraie personnalité qui les fait sortir du lot, tout comme un album d'Anthrax ne peut pas être confondu avec un Megadeth, même s'ils font partie de la même mouvance.
Ici, on sent bien la thématique du désordre mental (traité dans presque tous les textes) dans la musique. Les canadiens proposent ce soupçon de folie qui les fait sortir du lot et les rend uniques.
Des breaks en veux tu en voilà, une vitesse d'éxecution rarement entendue à l'époque (7 speed sur 8 chansons !) des trouvailles guitaristiques toutes les 3 secondes, n'en jetez plus !
Seul le chanteur est vraiment en deça du reste, mais sa voix rauque et écorchée colle parfaitement au propos.
Un cd unique, intense, inventif, possèdant la fougue de la jeunesse caractéristiques des premiers efforts, qui mérite d'être connu et reconnu !