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Commentaires client les plus utiles
5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Un premier roman inventif,
Par L'encreuse "L'encreuse" (ile de la Réunion) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Alice Kahn (Poche)
« Anna ? » interroge William Stein, photographe, qui a, apparemment, rendez-vous avec Anna à la terrasse du Libre-Echange. Une question qui donne l'occasion à la narratrice de s'approprier cette Anna, de se glisser dans ses contours, de vivre pour elle les débuts d'une relation avec William : « Je me donne une heure. Une heure de silences bien choisis, de tromperies minutieuses, à le faire parler, à glaner quelques informations sur moi-même, ou sur Anna, pour entrer dans la peu du personnage. » Petit livre original et drôle de cette rentrée littéraire, Alice Kahn interroge l'identité tout en révélant le talent d'un jeune auteur, Pauline Klein. Elle a créé avec sa narratrice aux multiples facettes, et dont on ne saura finalement jamais la véritable identité, un personnage bien étonnant ! « Je ne travaille que lorsque je trouve une position adéquate pour rentrer dans un poste vacant » annonce-t-elle. Ainsi la jeune femme a-t-elle déjà occupé un poste de journaliste dans un magazine culturel, l'occasion de « créer » une mystérieuse artiste, Alice Kahn. Mais elle-même s'amuse à déposer un peu d'elle dans les musées et les galeries : « Je passe inaperçue mais je dépose des traces de ma présence. Je vis pour ne me souvenir que des moments d'absence. » Un cadre chiné posé dans un musée, des points aux feutres sur des tableaux de Warhol' autant de petits gestes qui traduisent un besoin de se sentir au monde. Parce que le départ d'un père, l'abandon lâche, la narratrice ne s'en est jamais vraiment remise. Alors la petite fille qui n'a « hérité de rien » et passait inaperçue invente sa vie. Ce petit roman enlevé, rythmé, et follement original triture la question de l'identité de manière presque inquiétante car on ne peut s'empêcher de se demander : « les gens sont-ils finalement vraiment ce qu'ils semblent ? ». Ce premier roman livre aussi un regard ironique sur le monde de l'art contemporain et le personnage principal aurait bien pu être inspiré d'artiste telle que Sophie Calle' Ce qui n'est pas pour me déplaire !
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
"Je est un autre" et l'art est un serpent qui se dévore la queue !,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Alice Kahn (Poche)
Voici donc un roman plutôt original où l'auteure s'amuse à broder sur une idée lumineuse : une jeune femme (intérieurement) excentrique se prend au jeu qui lui tombe dessus quand un inconnu l'aborde par erreur à la terrasse d'un café en lui demandant : "Anna ?". Pour pimenter son existence désoeuvrée et se donner les moyens d'une rencontre amoureuse, elle décide alors, à la faveur de ce providentiel quiproquo de devenir cette autre femme qui avait rendez-vous avec lui et dont il ignore manifestement quasiment tout... Une histoire pas si loufoque que cela, que ne renierait sans doute pas l'artiste Sophie Calle, ni même l'artiste-romancière Valérie Mréjen (on est ici dans la même veine que L'Agrume, avec une thématique analogue) à laquelle Pauline Klein semble ici emprunter son style distancié, presque clinique, dans sa description, du point de vue de la malicieuse narratrice, d'une société de faux-semblants où la superficialité (notamment dans le monde de l'art, de son économie) s'érige en système. Une lectrice qui me laisse toutefois quelques réserves. Klein va loin dans sa critique de l'absurdité d'un marché de l'art (contemporain) qui accorde arbitrairement de la valeur à des objets neutres (achetés peu avant dans une brocante, à prix modeste, donc) que le personnage, à la manière d'un Banksy (qui accroche, lui, avec ses oeuvres dans les plus prestigieux endroits, jusqu'à ce que la supercherie soit découverte. Il a ainsi été officieusement exposé à la Tate Gallery de Londres durant pas moins de deux semaines !) dissimule à l'intérieur des galeries d'art et autres musées dans l'optique de les inclure dans une collection/exposition et, dès lors, de leur accorder le statut d'oeuvre d'art - statut qui est donc ici critiqué, interrogé. L'auteure ira ainsi très (trop ?) loin dans sa démonstration d'une aberration inhérente du marché de l'art... Même si, avec l'exemple récent d'un Damien Hirst capable d'acheter lui-même (avec un consortium d'actionnaires) ses propres oeuvres à prix d'or, on peut être tenté de trouver la démonstration probante et légitime. Ce qu'elle est sûrement à l'ère des bulles spéculatives menaçant d'abstraction une économie mondiale aussi affolée et déboussolée que complaisante.
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