Une musique d'une complexité et d'une profondeur sidérante, réalisée avec beaucoup d'inspiration de la part de Goldenthal. Dès le début, le ton est donné : c'est la descente dans un monde extremement sombre, infernal ("Agnus Dei" 01). Si la bête vit à l'interieur de Ripley ("The Beast Within" 03) dans le film de Fincher, le monstre vit aussi à l'interieur de cette oeuvre, sorte de spirale orchestrale atonale (Audible notamment sur la fin de "Lento", 04, titre principal). Une impression de tristesse et d'intense - mais fascinante ! - solitude s'en dégage ("Lullaby Elegy" 08 ; "The Dragon" 12). C'est l'exil dans un univers plein d'acides et de brumes, d'épaves et d'éléments rongés ("Visit to The Wreckage" 10), souvent calme, mais parfois atroce et violent ("Wreckage and Rape" 06 ; "The First Attack" 07 ; "Explosion and Aftermath" 11). Le danger est partout. L'on entend ce qui tue sans vraiment le voir ("Death Dance" 09), autant que l'on respecte religieusement les souffrants et les disparus ("The Beast Within" 03). Au loin luit une bougie, une lumière fragile mais porteuse d'espoir, qu'un simple vent peut faire s'éteindre ("Candles In The Wind" 05). C'est elle qui apporte enfin le dénouement, avec la poursuite et la capture de la bête ("Bait and Chase" 02), son anéantissement dans le bain de métal en fusion ("The Entrapment" 12). Le final, magnifique "Adagio" 14, conclut en apothéose la partition, sur une note optimiste : la bête est bel et bien détruite. Gardons cependant en tête que le chemin vers la Terre est encore long...
Une expérience musicale à ne pas manquer. Une pièce majeure de la musique de film, et même de la musique classique en général. Attention toutefois : le style "Avant-Gardiste" de Goldenthal n'est pas facile d'accés et demande beaucoup de la part de son auditeur. La BO d'Alien 3 n'est pas sans evoquer le desespoir absolu et le courage qu'il faut pour l'examiner, afin de ne pas le laisser l'emporter sur nos existences, lorsque celui-ci nous tombe parfois dessus.