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5.0 étoiles sur 5
une réflexion sur le pouvoir, 12 avril 2008
L'odyssée d'Alix commence à Khorsabad, capitale Assyrienne. Ses aventures se déroulent dans les années où, Crassus étant mort, Pompée et César restent face à face et vont se disputer le pouvoir (53 av. JC). La guerre civile va commencer.
L'auteur, né en 1921, n'a pas trouvé immédiatement son style graphique qui évoluera au cours des années avant de devenir définitif. Non seulement il en changera mais aussi la composition des récits et leur contenu. Les thèmes forts fréquemment rencontrés - la conquête, l'exercice et l'abus du pouvoir, le fanatisme, le rattachement à un clan, le colonialisme, l'esclavage, les rapports dominant/dominé, l'ambiguïté sexuelle, le goût du risque, le merveilleux, l'amitié et la fraternité - ne font pas pourtant de Jacques Martin un auteur à message. Il n'est pas non plus partisan du « happy end » car ses récits constamment dramatiques ne comportent pas d'humour. Martin croit à la fatalité et à l'enchaînement inévitable des événements. Il est à l'image de son héros : Alix ne triomphe pas de toutes les situations ; faillible, il se laisse prendre aux pièges, s'en tire souvent par la fuite ou grâce à une aide extérieure. Ni anti-héros ni super héros, simplement être humain, Alix s'emporte parfois mais sais aussi la valeur de la tolérance, de la générosité, de la sensibilité. Il a horreur de la violence (il épargne souvent ses ennemis) mais sait se battre.
Au niveau du découpage, chaque planche comprend 4 bandes de 3 ou 4 images au début, puis évoluera vers une formule plus souple de 3 bandes avec un minimum de 7 à 9 images par planche. Le récit découpe l'histoire en séquences de 6 à 10 pages avec des charnières entre chaque. La travail sur les formes, dû à une très importante recherche documentaire, est minutieux : décors et perspective, anatomie, découpage, mise en page, couleurs (variantes au sein d'un même album). La symbolique des couleurs reste traditionnelle : bleu pour les nocturnes, vert pour le mysticisme et le fantastique, rouge pour la violence.
On peut différencier quatre grandes périodes : la première pour les volumes 1 à 3 ; la seconde de la Tiare d'Oribal à Iorix le grand (l'âge d'or) ; la troisième du Prince du Nil au Cheval de Troie (le classicisme) ; la quatrième pour les derniers albums (la relève), Jacques Martin, atteint d'une maladie des yeux, ayant passé la main à des collaborateurs. Nous étudierons chronologiquement les aventures d'Alix car celles-ci ont une suite logique.
La Tour de Babel (1981) raconte la suite de la Tiare d'Oribal. L'histoire est celle du chef d'Etat Oribal qui, cherchant à bouleverser une civilisation sans tenir compte de sa population, devient un souverain despotique. Alix est cherché pour l'aider à trouver une solution. Malheureusement il ne parviendra jamais à sa cité imaginaire de Zür-Bakal, près de Persépolis. La destinée d'Oribal démentira la prédiction d'Alix. L'histoire stagne à Babylone après être partie de Jérusalem. Alix rencontrera et s'opposera au frère d'Arbacès, son ancien ennemi. Sous forme de voyage-attente, les passages dans Jérusalem et Babylone permettent d'apprécier des reconstitutions très travaillées (pp1 A1, 5 A3, 12 A1, 26 A1, 35 B1, 36 B1 (les jardins suspendus). La tour est inspirée de la description qu'en fait Hérodote. Un flash-back historique évoquant la bataille de Darius contre Alexandre le Grand est le prétexte à des plans virtuoses (pp 18 et 19). La jeune Marah incarnera la longue série des jeunes payant les crimes des adultes. Celle-ci possède un pouvoir surnaturel lui permettant de prévoir l'avenir des autres (mais pas le sien) et de maîtriser le feu. Le serpent jouera un rôle important sur la fin et sera même multiplié à la dernière image.
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4.0 étoiles sur 5
Un combat difficile, 16 novembre 2009
Le dossier Washford termine le second cycle. Le tandem que forment le commandant Caine et son adjoint Mike Burkhinshaw est attachant car nous apprenons à mieux les connaître. Le scénario nous tient en haleine bien que nous nous doutions de certains dénouements. Ainsi le sort de Tom Washford dans son combat difficile, isolé et affaibli semble scellé dans l'environnement corrompu où il intervient. Les planches sont toujours agréables avec cependant un recours un peu trop fréquent aux expressions "bouche bée" des personnages principaux ou secondaires. Malgré ces réserves et un deuxième cycle moins percutant, cette série policière politico financière tient le haut du pavé dans le genre grâce à un subtil mélange entre les scandales financiers et les opérations de police.
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