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Commentaires client les plus utiles
5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
un album charnière,
Par Nicolas Mesnier-Nature "NMN" "LE DISC... (Besançon, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Alix, tome 4 : La Tiare d'Oribal (Relié)
L'odyssée d'Alix commence à Khorsabad, capitale Assyrienne. Ses aventures se déroulent dans les années où, Crassus étant mort, Pompée et César restent face à face et vont se disputer le pouvoir (53 av. JC). La guerre civile va commencer.L'auteur, né en 1921, n'a pas trouvé immédiatement son style graphique qui évoluera au cours des années avant de devenir définitif. Non seulement il en changera mais aussi la composition des récits et leur contenu. Les thèmes forts fréquemment rencontrés - la conquête, l'exercice et l'abus du pouvoir, le fanatisme, le rattachement à un clan, le colonialisme, l'esclavage, les rapports dominant/dominé, l'ambiguïté sexuelle, le goût du risque, le merveilleux, l'amitié et la fraternité - ne font pas pourtant de Jacques Martin un auteur à message. Il n'est pas non plus partisan du « happy end » car ses récits constamment dramatiques ne comportent pas d'humour. Martin croit à la fatalité et à l'enchaînement inévitable des événements. Il est à l'image de son héros : Alix ne triomphe pas de toutes les situations ; faillible, il se laisse prendre aux pièges, s'en tire souvent par la fuite ou grâce à une aide extérieure. Ni anti-héros ni super héros, simplement être humain, Alix s'emporte parfois mais sais aussi la valeur de la tolérance, de la générosité, de la sensibilité. Il a horreur de la violence (il épargne souvent ses ennemis) mais sait se battre. Au niveau du découpage, chaque planche comprend 4 bandes de 3 ou 4 images au début, puis évoluera vers une formule plus souple de 3 bandes avec un minimum de 7 à 9 images par planche. Le récit découpe l'histoire en séquences de 6 à 10 pages avec des charnières entre chaque. La travail sur les formes, dû à une très importante recherche documentaire, est minutieux : décors et perspective, anatomie, découpage, mise en page, couleurs (variantes au sein d'un même album). La symbolique des couleurs reste traditionnelle : bleu pour les nocturnes, vert pour le mysticisme et le fantastique, rouge pour la violence. On peut différencier quatre grandes périodes : la première pour les volumes 1 à 3 ; la seconde de la Tiare d'Oribal à Iorix le grand (l'âge d'or) ; la troisième du Prince du Nil au Cheval de Troie (le classicisme) ; la quatrième pour les derniers albums (la relève), Jacques Martin, atteint d'une maladie des yeux, ayant passé la main à des collaborateurs. Nous étudierons chronologiquement les aventures d'Alix car celles-ci ont une suite logique. Par rapport aux trois albums précédents, la Tiare d'Oribal (1955/56) est une réussite absolue. Le scénario est mieux structuré, bien conduit au niveau de l'action. Le style graphique commence en « style Jacobs » pour évoluer plus personnellement dans les dernières pages. Les décors sont plus fouillés et la mise en page plus souple. Il contient une des plus importantes scènes de bataille de la série. La structure narrative est construite sur le principe de l'objet fétiche convoité par tous les protagonistes. Cette fois, Enak fait partie intégrante de l'histoire et devient définitivement le compagnon d'Alix. Il en profitera pour confirmer son rôle d'empêcheur de tourner en rond : responsable du vol de la tiare, il va attirer le danger sur le groupe en faisant du bruit ; fait prisonnier, il compromettra l'attaque de la ville. Alix quant à lui est toujours le personnage solaire du début en sauvant d'emblée deux hommes d'une mort certaine par le feu. Mais curieusement l'eau prend une énorme importance dans l'histoire : rassurante, elle sauve d'une mauvaise passe en abritant les personnages de leurs ennemis plusieurs fois (chute dans la rivière, dans les cataractes) mais aussi en aidant Arbacès à s'enfuir. Piège pour les uns, échappatoire pour les autres, elle met nos héros en difficulté par son absence dans le désert et lors de l'écroulement d'un mur retenant l'eau du barrage pour devenir vengeresse en éliminant Arbacès. Bénéfique, elle permet après l'orage de retrouver la tiare perdue par l'apparition des reflets du soleil et à Alix de reprendre connaissance. Les animaux sont peu présents ici (vautours par deux fois, et serpent, promis à un bel avenir). Thème récurrent de la série, la chute reste liée plusieurs fois à la possession de la tiare, et il est vrai que l'on tombe beaucoup dans cette histoire ! Enfin, au niveau stylistique, je trouve que Jacques Martin multiplie les procédés visuels cinématographiques : flash-back, plans d'ensemble (bataille), vues en plongée (pp.19 D4, 32 C1, 47 A1...), en contre-plongée (pp.16 B3, 20 C1, 53 C2...), plans subjectifs (p.35 B1), très gros plans, amorces (pp. 18 B2, 21 C1, 24 C4, 37 D4, 43 D254 C1...), scène de bataille. En un mot, la fin du « cycle d'Arbacès » et le début du « cycle historique ». Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Intrigues à Zur Bakal,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Alix, tome 4 : La Tiare d'Oribal (Relié)
Cet épisode des aventures d'Alix se situe aux confins militaires de l'Empire Romain et de l'Empire Parthe, vers la fin de la République romaine, puisque, comme l'indique Suétone et si j'en crois Polichinelle, Alix est contemporain de Jules et de César. Jacques Martin a réuni tous les éléments d'une intrigue fascinante dans un des petits satellites de l'Empire, la cité-état (imaginaire) de Zur-Bakal. L'action commence par une escarmouche autour d'un fort romain de la frontière, fort qui n'est pas sans rappeler au voyageur le fort plus méridional d'Azraq, où Lawrence s'arrêta et où je versai autrefois une larme sur la brièveté des empires humains et sur la perte de mes bagages. L'aventure se poursuit à travers l'Orient dans les méandres de la politique Zur Bakalienne, manipulée - comme toujours chez Alix - par un Grec, Byzantin avant l'heure. A mon avis un des meilleurs albums de la série des Alix, très documenté avec des illustrations de grande qualité. Il n'y manque qu'un cataphractaire sarmate - qu'Alix rencontrera à Trébizonde dans un autre album. Et si l'on vous demande "Où sont nos amis", répondez "Partout".
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
un chef d'oeuvre encore plus réussi que les 3 premiers tomes,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Alix, tome 4 : La Tiare d'Oribal (Relié)
Le scénario est incroyablement osé et très imaginatif; mais cette BD possède en plus une chose que les 3 premières ne possédaient pas assez (à part le sphinx d'or): la clarté de l'intrigue.En efet, dans la tiare d'oribal, l'intrigue est très bien ficelée, très structurée, ce qui la rend beaucoup plus claire et nous permet d'apprécier intégralement le formidable 'potentiel' de ce scénario fascinant; le résultat est saisissant: le suspens est insoutenable, le rhytme est effrené, les (nombreux) rebondissements relancent le suspens et surprennent à la fois: la tiare d'oribal est encore plus passionant que les 3 premiers tomes. Les dessins sont très réussi, plus que dans l'ile maudite (les visages sont plus détaillés et les proportions mieux respectées), sans pour autant atteindre le niveau des dessins de 'alix l'intrépide' et du 'spinx d'or', par manque de détails par moment. Mais cette petite 'carence' est compensée par de très beaux dessins architecturaux: les illustrations de la ville imaginaire de Zür-Bakal sont magnfiques, et rapellent les civilisations assyriennes, perses et babyloniennes (lamassou, colonnes assyro-perses, jardins suspendus...) Bref, un chef d'oeuvre encore plus passionant, fascinant, rhytmé et tout aussi magnifique que les 3 premiers tomes. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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