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Allah n'est pas obligé - Prix Renaudot et Prix Goncourt des Lycéens 2000 [Poche]

Ahmadou Kourouma
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Descriptions du produit

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Il s'appelle Birahima, il a dix ou douze ans et, comme beaucoup d'enfants, il joue au petit soldat avec une mitraillette. "C'est facile. On appuie et ça fait tralala." Sauf qu'ici, l'arme est bien réelle et les morts ne se comptent plus. Birahima fait partie de ces orphelins qui ont tout perdu et n'ont d'autre recours, malgré leur jeune âge, que de devenir des sortes de mercenaires dans les guerres tribales qui déchirent des pays comme le Liberia ou la Sierra Leone, les fameux enfants-soldats. Le tableau est atroce : c'est le règne du grand banditisme sous couvert d'activités soi-disant révolutionnaires, des massacres de populations civiles, les pires horreurs. "Mais Allah n'est pas obligé d'être juste avec toutes les choses qu'il a créées ici-bas." Tout est vrai, hélas, dans le livre d'Ahmadou Kourouma, qui n'est cependant pas un document mais bien un roman. Ce qui rend encore plus percutante l'horreur racontée par un enfant, avec un humour terrible, qui renvoie chacun à ses responsabilités et à sa mauvaise conscience. --Gérard Meudal

Afrik.com

Ahmadou Kourouma nous livre une fable guerrière aux pays des guerres tribales. Errance d'un Oliver Twist à travers les républiques bananières devenues folles. La kalachnikov et la drogue en plus.
Il s'appelle Birahima. Il est né en Guinée, un " foutu pays " comme toutes ces nations " foutues " et " corrompues ", comme " la Côte d'Ivoire, en Guinée et dans d'autres républiques bananières et foutues comme Gambie, Sierra Leone et Sénégal là bas etc ". Comme des centaines de gosses éperonnés par la misère, il a rejoint les rangs d'enfant soldat au Liberia et en Sierra-Leone en proie aux déchirements des guerres tribales. Muni du dictionnaire Larousse, du Petit Robert (pour être compris " des nègres noirs africains indigènes"), de l'Inventaire des particularités lexicales " du français d'Afrique " (à l'attention des " toubabs ", blancs " colons colonialistes "), du Harrap's (pour les pidgin -anglophones), Birahima nous rencontre l'enfer de son errance, parmi les différentes factions auxquelles il a appartenu. En empruntant le regard du small-soldier, pour ce livre " Allah n'est pas obligé ", l'écrivain guinéen Ahmadou Kourouma, livre un regard lucide sur les mécanismes qui amènent l'Afrique à jeter ses enfants dans le malstrom sanglant des guerres civiles.

Pas de pleurnicherie, ni de bons sentiments dans ce récit où la drôlerie tutoie l'atrocité comme une bonne vieille copine. Birahima n'est pas un ange. Birahima a " tué beaucoup de gens avec kalachnikov ". Birahima laisse les dames jouer avec son bangala. Birahima s'est " bien camé avec kanif et autres drogues dures ". Birahima est " insolent, incorrect comme barbe d'un bouc et parle comme un salopard". Dans une verve détonante comme une rafale de mitraillette, il ponctue ses phrases de jurons malinkés : faforo (sexe de mon père), gnamakodé (bâtard, bâtardise), Walahé (au nom d'Allah).

Birahima a vieilli trop vite. Il est devenu lucide au contact des différents chefs de guerre. Que ce soit le Colonel Papa le bon, lieutenant de Charles Taylor, Omika la loyaliste de l'ULIMO ou Prince Johnson, pas un de ces seigneurs de la guerre libériens qui n'échappe au prisme impitoyable de ce regard d'enfant. Tous plus pourris qu'un chef de cartel. Tous plus dérangés qu'un gourou sous LSD. Tous plus sanguinaires qu'une bande de lycaons. Lucides encore, ces " small soldiers " qui les abandonnent sans vergogne dès que le vent tourne. Tous savent qu'ils ne sont que les pions d'un jeu cruel où les rivalités régionales cachent les intérêts bien compris des grandes puissances. Et c'est cette misère morale que pointe l'écrivain au-delà de la litanie usée du fracas des armes et des chairs broyées. Cette misère de la misère nous interroge sur l'avenir d'un continent aux mains d'une génération sacrifiée, nourrie à l'écuelle du désespoir, de la folie et de la force brute. Ganamakodé ! C'est injuste. Mais Allah n'est pas obligé de l'être. -- Roch Sonnet -- --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

Quatrième de couverture

Birahima, le narrateur de ce roman, a une douzaine d'années et il retrace son itinéraire d'enfant-soldat de l'Afrique contemporaine, entre le Liberia et la Sierra Leone. Orphelin, jeté sur les routes en compagnie d'un marabout mi-philosophe mi-escroc, Birahima se fait enrôler dans une bande de pillards. Kalachnikov en bandoulière, pour gagner sa solde, il va bientôt participer aux pires exactions : « De camp retranché en ville investie, /.../ j'ai tué pas mal de gens. /.../ beaucoup de mes copains enfants-soldats sont morts. Mais Allah n'est pas obligé d'être juste avec toutes les choses qu'il a créées icibas. » Après En attendant le vote des bêtes sauvages (Prix du Livre Inter 1999), Ahmadou Kourouma nous livre un récit picaresque et terrifiant sur une époque de massacres dont les enfants sont les tristes héros.
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