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3.0 étoiles sur 5
Semi-deception ou reussite relative ?, 30 juillet 2008
Quel numéro cet(te) Alice ! 25 disques pour celui qui depuis 37 ans chante qu'il en a 18.
"Spider" racconte l'histoire d'un tueur en série qui crée une arraignée avec les jambes de ses victimes jusqu'au jour ou il tombe amoureux de la dernière.
"Spider" a d'indéniables qualités : Vocalement Alice est en forme et les harmonies vocales interessantes avec le choriste des Stones. Chaque chanson est une vignette de la vie du tueur en série; le son est très rock et le livret de l'album , rapelle que bien avant Roberto Rodriguez , Alice était le maitre de la série Z rock .
Certains morceaux bénéficient de la "grâce " cooperesque : "Catch me if you can" , "in touch with your feminine Side".
Cependant dans le meilleur des cas Alice s'auto parodie ( "I Know where you live" est une bonne chanson mais évoque "cold ethyl" et les paroles ressemblent étrangement a "the spy" des Doors).
Ceraines chansons n'atteignent pas leur potentiel : d'entrée quatre (!) morceaux se terminent en fondu ( quand on a trois producteurs , ça la fout mal!!!).
"Vengeance is mine" est plombée par un solo horrible de Slash , "Wrapped in silk" et "The one that got Away" sont des remakes des albums "constrictor" et "raise your fist..." ,la ballade "Killed by love" a une bonne mélodie mais arrive comme un cheveu sur la soupe et "Salvation" après un couplet prometteur , un des plus beaux de la carrière d'ALice, sombre dans la guimauve au moment du refrain. L'album se termine avec un "Im the Spider" à peine passable.
Avec de meilleurs musiciens , une équipe plus ressérée ( certaines chansons ont été écrites à 4 !) et surtout avec Bob Ezrin aux manettes , l'album ne sonnerait pas aussi baclé. Où sont les ambiances de "Welcome..." , les bruitages , les liens entre les chansons de"the last temptation"? Le disque est censé nous parler d'un tuer en série , or 90 % de l'album est composé sur un mode euphorique.... question cohérence , Alice nous avait habitué à mieux , ses productions ayant été jalousées par Pink Floyd ou Lou Reed.
Depuis "Brutal Plantet" entre ses concerts , son restaurant , son émission de radio et ses parties de golf l'agenda de Cooper est complet et l'album semble avoir été vraiment enregistré à la va-vite.
"Spider" n'est pas mauvais mais très loin de ce qu'il aurait pu être ! On reste cependant preneur car le livret est vraiment superbe!
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Bel effort mais..., 17 septembre 2008
Comme les autres commentateurs je reste sur ma faim avec effectivement un sentiment d'inachevé. L'album devait être double théoriquement et au final on se retrouve avec 11 chansons pour une quarantaine de minutes ! Qui se moque de nous ? Alice ou la maison de disques ? Depuis Brutal Planet et Dragontown, le Coop' nous sert la même recette à savoir de grosses guitares avec les potards à 11 façon Spinal Tap. Sauf que ces deux albums étaient extrêmement bien composés et écrits et l'on retrouvait une qualité laissé de côté depuis de nombreuses années certains diront depuis Welcome to my Nightmare et pour ma part, j'ajouterai Dada ( 1983 ! ) et forcément The Last Temptation. Attention il y a d'excellentes chansons tels que Vengence is Mine, I Know Where You Live, Catch Me If You Can ou encore The One That Got Away mais pourquoi autant de fade out et de titres courts ? On a à peine le temps d'apprécier les envolées guitaristiques et le ronflement de la basse que le morceau s'achève déjà. Même la traditionnelle balade, ici Killed by Love, est faiblarde... Bel effort donc que ce concept album qui sur le fond fait l'unanimité ( ou presque ) mais sur la forme sonne creux. C'est dommage après les déjà décevants The Eyes of Alice Cooper et Dirty Diamonds.
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4.0 étoiles sur 5
INVITE SURPRISE, 12 septembre 2008
Sans jamais se départir d'un cynisme de rigueur, l'art d'Alice Cooper a toujours été de composer de bonnes chansons, comme de séduire son auditoire par des refrains facilement assimilables et corruptifs à souhait. Ayant surfé sur routes les modes, s'être laissé tenter par des vents dominants allant de la new wave au modernisme le plus extrême, si l'arrière pensée de chacune de ses incursions reste ce bon vieux rock'n'roll, ce que retient avant tout l'histoire, c'est ce net penchant à la narration. Au cinéma, comme dans plusieurs aventures de notre virtuose de l'absurde, la narration se compose de trois aspects différents. L'histoire proprement dite, la forme que prend l'expression de celle-ci et l'acte de la raconter. Sans déroger à cette imparable mécanique, homme d'expérience, Alice sait tout le danger de se corrompre par simple facilité. Aussi, lorsqu'il décide de mettre en scène les déboires d'un serial killer, dont le seul but est de construire une araignée géante grâce aux membres prélevés sur ses victimes, si personne ne doute des intentions de notre adolescent de toujours, l'intrigue réserve, quand à elle, nombre de retournement de situations.
Plus au service de l'histoire que de son propre ego. Délaissant le grandiloquent au profit d'une écriture plus axée sur l'essentiel, l'artiste a fait un choix. Celui d'éviter toute élucubration intempestive et autre moulin à vent, pour mieux servir les intérêts d'un album aux ambiances redoutables. S'étant réservé le rôle de Spider, criminel esthète, tout en ayant repris sa panoplie de conteur décadent, Alice Cooper nous propose de faire la lecture du journal intime d'un psychopathe inattendu. Inattendu, car tout à son agressivité pulsionnelle, celui-ci se révèlera au final d'une grande sensibilité, voire d'un romantisme exacerbé. Rarement aussi sobre, lorsqu'il s'agit de sacrifier notre réalité sur l'autel de ses fictions, le Coop surprend en prenant le risque de diviser, quitte à laisser croire à une énième ressassée de ce qui fit son succès. Cependant, pour l'amateur aguerri, si certaines grosses ficelles subsistent, ce qui séduit principalement, reste cette volonté réfléchie d'éviter de nous jeter de la poudre aux yeux.
Voyage dans le temps, peut-être. Mais de ceux qui rassurent. De ceux qui, en laissant de côté la performance, préfèrent s'étendre sur le subtil : en l'occurrence, une voix Cette voix marquée, incapable de faire volte face lorsqu'il s'agit de nous prendre en otage, de mettre en évidence la pertinence du texte. En fait, Along Came A Spider ressemble à son créateur. Amoureux de grand spectacle, tout autant que de belles mélodies intimistes, dans lesquelles se glissent ses influences liverpuldiennes, Alice nous fait le cadeau de tomber le masque, pour mieux s'affubler de celui, plus convaincant, d'homme de talent. Bien sur, on pourra noter ça et là, quelques faiblesses dans ce disque. De même qu'un certain manque de panache, qui fera que certains souffleront le froid à son écoute. Mais, au final, ce sera sur l'ensemble que la majorité s'y retrouvera. Particulièrement sur la cohérence. Dans ce rapport harmonieux entre compositions de haute volée, du type Vengeance Is Mine ou Killed By Love, ce juste ce qu'il faut de sensualité froide et divers apports plus négligeables.
Tour à tour, inquiétant, troublant, voire sensible lorsqu'il tombe sous le charme de son énième victime, Alice Cooper se joue du concept pour mieux en faire un objet à l'âme damnée. Musicalement aux antipodes des prédictions de Brutal Planet, ainsi que de l'énergique Raise Your Fist and Yell, Along Came A Spider rafraichit les règles du jeu d'un univers qui avait tendance à prôner la surenchère. Entouré par la crème, Slash en tête, s'il s'avère que le retour à un style plus épuré en fera réagir plus d'un. Ne négligeons pas la volonté d'un meneur de revue qui, tout entièrement dévoué à son aeuvre, ne fit aucune concession sur le côté esthétique de celle-ci. Encore une fois, un disque pas vraiment essentiel, mais tellement indispensable lorsqu'on le considère en tant qu'invité surprise.
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