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Il aura fallu attendre quatre ans pour que les quatre jeunes oiseaux rassemblés sous le nom de Phoenix donnent une suite au prometteur
United, sorti en 2000. Quatre ans pour renaître des cendres dune première tournée internationale qui a visiblement donné des ailes à ce groupe de post-ados, dont les arrangements minutieux, les textes élaborés et les gimmicks stylés dénotent une étonnante maturité. Ce second album creuse la brèche "funky time" ouverte avec
United, en évitant toutefois les digressions hard-rock-FM des débuts, ce qui leur permet dassurer ce coup-ci un album homogène, qui tient de bout en bout son sens du groove efficace sans être facile, accrocheur sans être racoleur. Si le son pop-funk domine lapparente simplicité de leurs chansons, la rencontre intempestive dune guitare folk ("Run Run Run"), de rythmiques en contrepoint ("Im An Actor") et de puissantes lignes de basse nexcluent pas une certaine audace dans larchitecture par ailleurs plutôt classique des morceaux. Avec
Alphabetical, vous tenez peut-être lalbum que les Daft Punk auraient produit sils sétaient mis à fricoter avec Jamiroquaï plutôt quavec Albator
--Stéphanie Lopez
Critique
Le deuxième album de Phoenix a mis quatre ans avant d‘aboutir. Il reprend les bases musicales de son prédécesseur, United : soit un savant mélange de funk, de folk, de musique des « seventies » et de pop innocente. Le groupe continue à s’exprimer dans la langue de Shakespeare.
Les compositions sont assez homogènes et distillent leurs rengaines tranquilles sur des rythmiques funky voire R&B (on pense parfois à Curtis Mayfield).
Si
United comprenait les deux tubes évidents que sont
« Too Young » et
« If I Ever Feel Better », le morceau
« Everything Is Everything » est la sensation d’
Alphabetical. Ses guitares funky et sa rythmique entraînante entraînent vers un pays basé sur l’insouciance et l’indolence. Les morceaux
« Run run run » ou
« Love Granted », derrière leurs arpèges cristallins, laissent entrevoir les influences folk du groupe.
Si on peut regretter la production trop bien léchée et la sensation d’être face à un produit qui n’oublie jamais le concept commercial et une réelle volonté de vendre au marché international, il faut reconnaître au groupe une vraie personnalité.
Ce disque ne change pas l’avis des détracteurs sur le groupe mais renforce ses adeptes dans leur conviction que Phœnix est maître d’une certaine pop moderne.
Christophe Deniau - Copyright 2012 Music Story