Comme beaucoup de ses compatriotes britanniques, Alwyn composa beaucoup de musiques de films. Mais sa carrière « classique » est un peu passée aux oubliettes. Ami de Barbirolli qui créa presque toutes ses symphonies, personnages aux multiples fonctions officielles, les deux œuvres que nous découvrons ici sont très différentes : passons sur la symphonie 1, créée en 1950. Bien que le compositeur ait déjà passé l'âge des premiers bricolages pour grand orchestre, celle-ci n'offre pas une maturité dans le grand genre : peu de caractéristiques originales, pas de surprises ni d'originalités musicales. Rien de ce qu'on trouvera dans la n°3 (1954/56), d'une tout autre teneur : dominés par une certaine obsession rythmique (3+5 et 2+5+1 aux percussions pour les mouvements extrêmes), deux idées sonores s'affrontent : un thème lyrique qui n'arrive pas à percer, sans cesse entravé par un thème menaçant qui aura le dernier mot, liens thématiques de formules très courtes (I et III), solos aux vents et cordes et mystérieux appels interrogateurs aux cuivres par-dessus une basses obstinées où les épisodes plus puissants semblent étouffées en permanence (a contrario des I et III). Nul doute que Alwyn sait créer des ambiances (beau début presque inaudible du I, fin de même du II par exemple) et des conflits générant l'attention de l'auditeur. Une belle réussite orchestrale du Royal Liverpool Philharmonic sous la baguette expérimentée dans ce domaine par David Lloyd-Jones. Livret anglais malingre mais commentaire des œuvres par Alwyn himself.