Accoucher d'un digne successeur à "Title of Record"... Mission Impossible ? Visiblement pas, car si Richard Patrick, génial cerveau visionnaire et multi-intrumentiste de Filter, ne réinvente pas complètement le style de son groupe, il reste par contre dans le plus pur son Filter en évoluant encore un petit peu. Suivant la même recette que ses deux prédecesseurs, "The Amalgamut" renferme 12 titres excellents dont 2 expérimentaux tirant sur l'ambient "à la Filter". Le très rentre dedans "You Walk Away" vous décolle les oreilles dès l'intro du disque, suivi du très heavy et jubilatoire "American Cliché". Mais c'est le 3ème titre qui emporte tous les suffrages, car "Where Do We Go From Here" est un hit en puissance, une machine à tuer. Une fois ces 3 missiles envoyés, l'on pourrait penser que vu le niveau atteint, les choses vont se calmer... Erreur : "Columind" monte encore d'un cran avec une dénonciation des fusillades en référence à celle de Columbine. On y retrouve les cris inhumains de R. Patrick sur une ligne très hard de gratte et rythmes sauvages. Attention ça décape ! La pause arrive avec "The Missing", dédiée aux victimes du 11 septembre 2001, plutôt atmosphérique et tranquille, très mélodieuse. On repart de plus belle avec un superbe "The Only Way (Is The Wrong Way)", mélange très Filter de batterie qui claque et des grattes accoustiques + chants mélodieux, sans oublier les claviers et les machines. Un titre qui entraine loin. "My Long Walk To Jail" constitue le 1er morceau légèrement en dessous du lot, écrit d'après une conversation téléphonique que Richard a eu avec un détenu choisi au hasard... idée originale et musicalement pas mal mais pas indispensable. Ensuite, le violent "So I Quit" explose tout, suivi d'un très bon "God Damn Me" plus relax dans la lignée de "Stuck in here" (sur le 1er album). Cerise sur le gateau, le second hit en puissance, "It Can Never Be The Same", est tout simplement mortel. On termine enfin avec quasiment 10mn de plâneur dans la stratosphère de Richard Patrick avec "World Today" et "The 4th"... pas franchement terribles, mais très agréables pour redescendre en douceur. Au final "The Amalgamut
" est encore un grand disque indispensable, car après tout, les créations de Filter sont rares !