Titre original "Sons And Lovers", Jack Cardiff, 196O, NB, VOST seulement, bonne copie.
Oscar 1961 de la Meilleure Photo.
Golden Globe 1961 du Meilleur Réalisateur.
Tiré du deuxième roman, largement autobiographique, de David Herbert Lawrence (auteur de "l'Amant de lady Chatterley"), le film raconte le parcours initiatique d'un fils de mineur, artiste peintre autodidacte, vers la liberté individuelle.
Pourquoi "Amants et Fils" ? Parce que ce sont des attaches filiales et amoureuses que le jeune Walter Morel (Dean Stockwell) devra se libérer, douloureusement : sa mère dont la mort le laissera, comme D.H. Lawrence lui-même, davantage veuf qu'orphelin, et ses deux maîtresses successives, l'amie d'enfance froide et cérébrale sous l'apparent abandon, et la femme mariée, suffragette et revendicatrice mais mal-libérée de l'homme qu'elle croit avoir quitté.
Tout cela est plein de raison raisonnante, et plutôt misogyne, car les mères et les amantes pèsent lourds sur la vie de leurs hommes, très anglais de forme et de fonds, un peu didactique peut-être pour nos yeux d'aujourd'hui - et que beaucoup de critiques ont jugé "académique" (accusation dont personnellement je n'ai jamais bien compris la pertinence lorsqu'il s'agit de cinéma) - mais intense sans être jamais pesant, et qui m'a durablement touché d'autant que les acteurs, dans des rôles forts, sont tous excellents : le père (Trevor Howard), vieux mineur cédant à l'aigreur et à l'alcoolisme, la mère (Wendy Hiller), femme de devoir, mais épouse frustrée et mère possessive, et surtout, Walter, le fils, garçon intelligent, artiste talentueux, et personnalité assez lucide pour s'affranchir des contraintes et prendre en main son destin. Il est joué, et admirablement, par Dean Stockwell qui fut dans les années '40 le plus joli et le plus doué des enfants-acteurs qu'on ait vu au cinéma, notamment dans "Escale à Hollywood" tenant la dragée haute à Gene Kelly et Franck Sinatra, ou dans "L'Enfant aux cheveux verts".
Un film qui, en plus de nous peindre un tableau de la vie au "pays noir" au début du XX° siècle est, somme toute, une belle leçon de vie et d'optimisme.