Description
Dans la littérature, certains lieux dictent le destin de ceux qui s'y risquent. Un château isolé dans la montagne, presque inaccessible, qu'on découvre par une nuit sans lune : Robert Louis Stevenson y avait situé un de ses meilleurs contes, noir et fantastique. Denis Lapière, excellent scénariste de bande dessinée, a su se libérer des contraintes d'un récit ancré dans le XIXe siècle finissant pour mieux en dégager l'essentiel : une aventure où c'est une passion trouble qui pousse les protagonistes à l'abîme.
En 1924, une jeune femme de 19 ans, souffrant d'une maladie chronique, préfère au sanatorium ce lieu isolé où elle pourra écrire. Une famille noble et ruinée achève d'y dépérir. La mère et ses deux fils. Elle, muette et menaçante. Eux comme elle, frappés par une fatalité héréditaire qui a à voir avec la folie : l'un est simple d'esprit ; l'autre, d'abord invisible puis énigme séduisante pour la jeune femme, est sans doute capable du pire... Au fil de péripéties qui plongent l'héroïne dans une anxiété fascinée s'affirme une rigueur fertile : en retranchant les effets de style superflus, le scénariste laisse un rôle décisif à l'image. Travaillant à la gouache, Aude Samama tire de cette histoire d'un laconisme millimétré une superbe épure expressionniste, métamorphosant ce huis clos propice aux clairs-obscurs en un drame atmosphérique de belle intensité.
Jean-Claude Loiseau
Telerama n° 3100 - 13 juin 2009 --http://www.telerama.fr/livres/amato,43756.php
En 1924, une jeune femme de 19 ans, souffrant d'une maladie chronique, préfère au sanatorium ce lieu isolé où elle pourra écrire. Une famille noble et ruinée achève d'y dépérir. La mère et ses deux fils. Elle, muette et menaçante. Eux comme elle, frappés par une fatalité héréditaire qui a à voir avec la folie : l'un est simple d'esprit ; l'autre, d'abord invisible puis énigme séduisante pour la jeune femme, est sans doute capable du pire... Au fil de péripéties qui plongent l'héroïne dans une anxiété fascinée s'affirme une rigueur fertile : en retranchant les effets de style superflus, le scénariste laisse un rôle décisif à l'image. Travaillant à la gouache, Aude Samama tire de cette histoire d'un laconisme millimétré une superbe épure expressionniste, métamorphosant ce huis clos propice aux clairs-obscurs en un drame atmosphérique de belle intensité.
Jean-Claude Loiseau
Telerama n° 3100 - 13 juin 2009 --http://www.telerama.fr/livres/amato,43756.php
Description
Planete BD, mai 2009, par Jean-Bernard Vanier
Librement inspiré d'une nouvelle de Robert-Louis Stevenson (Olalla), Amato nous entraine sur les routes sinueuses italiennes, au coeur d'une retraite bourgeoise que l'altitude et ses inquiétants occupants rendent rapidement monstrueusement angoissante. Ainsi de pages en pages, on est aspiré par les peintures d'Aude Samana dont les couleurs rythment parfaitement nos émotions. Tantôt apaisantes avec la lumière du jour, ou éminemment anxiogènes lorsqu'elles font simplement deviner les visages à la lueur d'une bougie, elles imposent l'atmosphère du récit. Le trait épais du pinceau ou les cadrages qui font de chaque case un petit tableau, imprime une cadence particulière à cet intriguant huis clos : de celles qui nous font attendre à chaque instant l'ultime basculement vers folie ou irréalité. Seule la fluidité de cette voix off mi lucide, qui se fait l'écho de la fragilité de notre héroïne, empêchent ce renversement, en conduisant le récit jusqu'à son dénouement... des plus rationnels et cartésiens. Les amateurs d'intrigues enlevées aux conclusions feu d'artifices ou bluffantes seront déçus. L'exercice est ici tout autre : utiliser le graphisme dans sa plus belle expression pour titiller nos émotions. Pour ce faire, l'histoire est mise à son entière disposition, comme un simple guide qui évite de se perdre dans une contemplation égoïste, tout en lui laissant l'opportunité de s'approprier la narration. Une belle rencontre en tout cas envoutante de bout en bout... --http://www.planetebd.com/BD/bande-dessinee-Amato-7505.html
Librement inspiré d'une nouvelle de Robert-Louis Stevenson (Olalla), Amato nous entraine sur les routes sinueuses italiennes, au coeur d'une retraite bourgeoise que l'altitude et ses inquiétants occupants rendent rapidement monstrueusement angoissante. Ainsi de pages en pages, on est aspiré par les peintures d'Aude Samana dont les couleurs rythment parfaitement nos émotions. Tantôt apaisantes avec la lumière du jour, ou éminemment anxiogènes lorsqu'elles font simplement deviner les visages à la lueur d'une bougie, elles imposent l'atmosphère du récit. Le trait épais du pinceau ou les cadrages qui font de chaque case un petit tableau, imprime une cadence particulière à cet intriguant huis clos : de celles qui nous font attendre à chaque instant l'ultime basculement vers folie ou irréalité. Seule la fluidité de cette voix off mi lucide, qui se fait l'écho de la fragilité de notre héroïne, empêchent ce renversement, en conduisant le récit jusqu'à son dénouement... des plus rationnels et cartésiens. Les amateurs d'intrigues enlevées aux conclusions feu d'artifices ou bluffantes seront déçus. L'exercice est ici tout autre : utiliser le graphisme dans sa plus belle expression pour titiller nos émotions. Pour ce faire, l'histoire est mise à son entière disposition, comme un simple guide qui évite de se perdre dans une contemplation égoïste, tout en lui laissant l'opportunité de s'approprier la narration. Une belle rencontre en tout cas envoutante de bout en bout... --http://www.planetebd.com/BD/bande-dessinee-Amato-7505.html