Un fleuve traversant l'Amazonie vierge et sauvage, une taverne au bout du monde tenue par un colonel irascible et un radeau transportant le plus improbable des équipages : un piano blanc derrière lequel un pianiste noir délivre, imperturbable, le jazz qui l'habite ... tel est le décor de la première scène d'Amazone.
Surprenant au premier abord, on comprend bientôt le pourquoi du périple d'Amazone Steinway, ce qui l'a poussé à s'embarquer pour un voyage au fin fond de la forêt, accompagné de son seul piano et du jazz pour et par lequel il vit. Une musique omniprésente, que l'on entend véritablement naître sous les doigts conjugués d'Amazone et de Fermine, à la manière du "billard blues" de ce dernier. Une musique magnifique, pour fuir un passé ou courir vers son destin, et qui accompagnera quoi qu'il advienne Amazone et son piano (véritable personnage à part entière du récit !) jusqu'au bout de cet incroyable épopée ... Un roman magnifique, pétillant comme une improvisation, tendre comme une ballade et triste comme un blues, spécialement recommandé aux mélomanes qui avaient trouvé "bilard blues" trop court !