Critique
La sortie de cette nouvelle production de Green Day était particulièrement attendue par les fans et la critique. Après le fiasco commercial de
Warning quatre ans auparavant, et les péripéties survenues au cours de l’enregistrement du disque (vol des bandes, multiples versions des morceaux et ré enregistrement de l’album), chacun s’interrogeait sur la direction que prendrait le groupe. Le disque est particulièrement ambitieux. A la fois manifeste politique, ouvertement anti-Bush, et opéra rock (les titres
« Jesus of Suburbia » ou
« Homecoming » sont eux-mêmes subdivisés en 5 actes), l’album réussit cet exercice difficile d’associer succès public, exigence musicale et créativité. Au travers de l’histoire de
« Jesus of Suburbia », l’album décrit la lutte d’un citoyen pour simplement exister au quotidien. Cet américain moyen qui travaille au Seven Eleven (sorte de supérette), quitte son travail pour chercher à sortir de son quotidien. Accompagné par son alter ego Saint Jimmy, il s’initie aux plaisirs et recherche une vie plus intéressante, jusqu’à son retour final à la maison, convaincu que la vie n’est pas meilleure ailleurs.
American Idiot démarre par la chanson éponyme, pur produit punk rock énergique et militant. Mais la suite est beaucoup plus créative. Le titre
« Jesus Of Suburbia » est emblématique de ce que le groupe sait désormais faire en matière de variations sonores. Ce morceau, de plus de 9 minutes en 5 actes, démesuré, multiplie les changements d’atmosphère et de rythmes. Et lorsque l’on retrouve un Green Day de facture plus classique, avec des titres rapides ou efficaces comme
« Give me Novocaine »,
« Boulevard of Broken Dreams » ou
« Wake Me Up When September Ends », les arpèges de guitares acoustiques viennent se greffer sur l’ensemble avec goût. Ce disque inspiré et énervé, est en symbiose avec le sujet traité : disque de révolte qui dénonce l’attitude des dirigeants de ce monde, proposant dans chaque chanson/tableau un motif de continuer de lutter et d’agir. A ce titre Green Day rejoint le peloton des groupes ayant cherché à dépasser la simple composition musicale au profit d’une démarche formelle plus aboutie et d’une conscience plus aiguë du monde.
Christophe Deniau - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
Malgré leur succès planétaire, les Américains de Green Day ne perdent rien de leur hargne et se lancent avec cet American Idiot énervé dans une violente critique des années Bush. Un manifeste politique aux allures d'opéra punk ambitieux et démesuré.