28 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La subversion à son paroxysme, 2 février 2006
Que dire qui ne l’ai déjà été au sujet de ce roman qui aura marqué de par son pouvoir hautement subversif son époque et bien plus encore ?Tout a été dit ou presque et pourtant, oui pourtant, il y a toujours quelque chose à dire quand on vient de lire "American psycho". On a beau être prévenu, avoir vu le film au préalable, l’histoire, les agissements, la narration dépassent tout ce à quoi on s’attendait en termes d’horreur, de cruauté, de froideur.
Que dire du roman ? "American psycho" est le journal d’un golden boy qui vit au cœur de l’Amérique Reaganienne, une Amérique où cynisme, individualisme, matérialisme atteignent des sommet et Bret Easton Ellis nous le fait ressentir à plein. Une Amérique où la solidarité n’est pas ou plus du tout d’actualité. "American psycho" est une critique, par la satire, de cette époque, de cette Amérique. Patrick Bateman donc, le narrateur, se trouve être également un pervers psychopathe tueur en série. Mais est-il qualifiable d’une quelconque manière ? Les mots suffisent-ils pour le définir ?
Que dire de l’écriture de Bret Easton Ellis ? Tout d’abord qu’elle est sévèrement ancrée dans l’époque à laquelle vit Patrick Bateman. Au début du roman, l’écriture est froide, exagérément (et ce n’est pas une critique négative car parfaitement adapté au récit) descriptive et matérialiste. Les meurtres sont évoqués voire relatés rapidement et l’impact physique sur le lecteur est acceptable et puis on avance dans le roman et de plus en plus, l’action se tourne vers les perverses pulsions criminelles qui émanent du cerveau malade de Patrick Bateman. Les scènes, terribles, y sont décrites avec une précision chirurgicale et là, franchement, l’impact physique sur le lecteur est réellement présent. On est au bord de la nausée. La machine s’emballe et devient incontrôlable pour le lecteur, l’auteur et le narrateur. On n’arrive plus à décrocher.
"American psycho" est un roman coup de poing, sulfureux où la plume de Bret Easton Ellis est plus incisive que tous les outils de torture utilisés par Patrick Bateman. L’écrivain a mis son talent au service de l’inimaginable, de l’inique, de l’inqualifiable et ça fonctionne plus que bien mais, au fait, qu’est-il sorti de l’imaginaire "frelaté" de Bateman et qu’elle est la part de vérité dans tout ce qui nous a été narré ? Quelle est la part du fantasme dans tout ça ? Ça donne à réfléchir !
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10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Finance sans conscience n'est que ruine de l'âme..., 22 mars 2009
Patrick Bateman vit dans le monde cauchemardesque du New York Yuppie des années 1980 et l'excellent film d'Oliver Stone « Wall Street » semble bien pâle à côté...
Bien que jeune, beau, bien payé, vivant dans le luxe et sexuellement bien membré, il vit entouré d'être humains ennuyeux et sans intérêt, qui se côtoient sans se connaître, dans une société ultra matérialiste jusqu'à l'absurde (l'énoncé des vêtements de luxe fait penser au roman de Georges Perec « Les Choses » sans la tournure romantique et poétique ...).
C'est pourquoi Pat, pour s'évader, s'affirmer, exister :
- boit un peu trop de Scotch et de Champagne
- sniffe quelques grammes de coke
- humilie de malheureux clochards
- mate des vidéos hard ou gore
- s'éclate sexuellement avec de superbes filles qu'il tabasse
- torture des animaux
- tue quelques être humains à la hache ou au couteau
Cette dernière activité tache ses costumes, ce qui lui crée quelques désagréments avec son pressing, mais bon...
Nous en sommes là au 2/3 de ce roman
Puis les crimes s'enchainent, l'horreur s'amplifie pour nous faire arriver à saturation, et on ne sait plus quoi penser :
- admirer l'auteur pour son humour d'un noir si intense, sa maestria à nous surprendre, sa réflexion profonde sur la violence dans notre monde matérialiste, futile, égoïste
- jeter cette manipulation sensationnelle, cette exhibition de violence sordide et dégénérée ...
Le lecteur se retrouve seul avec ces impressions puissantes mais contradictoires, et le roman se termine sur le néant, comme ce que ressent Pat après ces crimes...
Ce livre mérite 5 étoiles pour cette trouble et violente énergie, son exploration effrayante de nouvelles limites littéraires
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20 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Cruel, 21 février 2002
Jamais un livre n'a paru aussi méchant, voir cruel. Dénonçant tout d'abord une société ou l'argent et l'indifférence envers les autres sont rois, l'ouvrage prend rapidement une tournure de livre d'épouvante à travers les crimes plus ou moins passionnels, mais néanmoins toujours aussi sanglants de Bateman. C'est monstrueux, cauchemardesque, mais aussi terriblement séduisant, les pages se tournant les unes après les autres, et le lecteur se demandera toujours jusqu'où l'auteur ira t'il dans l'ignominie.
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