Commentaires client les plus utiles
17 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Amplificator mundi, 17 mars 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Amerigo (Broché)
Qui a découvert l'Amérique ? Vespucci est-il le plus grand bandit de tous les temps, l'homme le plus incroyablement effronté, ayant réussi à donner son nom à un continent à la place de celui de son vrai découvreur ? Plusieurs thèses se sont affrontées pour raconter les circonstances dans lesquelles l'Amérique a obtenu son nom. Pour certains, Amerigo Vespucci est un marchand qui n'a rien d'un explorateur et s'est honteusement emparé des découvertes de Colomb en publiant de faux voyages. Thèse défendue sans avoir tout à fait tort par Las Casas à la fin du XVIème siècle, qui marquera du sceau de l'ignominie le nom d'Amerigo Vespucci pour quelques siècles. Pour d'autres, et c'est cette thèse qui semble maintenant la plus vraisemblable, c'est lui qui a le premier pris conscience du fait que les terres nouvelles à l'ouest n'étaient ni les Indes, ni la Chine, mais véritablement un nouveau monde, Mundus Novus. Le nom d'Amerigo Vespucci a été porté aux nues dès le début du XVIème siècle, comme le plus magnifique explorateur de son temps, découvreur de l'Amérique, grâce a un enchaînement de hasards et de petites erreurs dont Amerigo n'est en rien responsable. C'est bien plutôt la fièvre qui s'est emparée de l'Europe et le besoin de mettre un nom sur ces découvertes, associés à la structure des communications de l'époque (oubliez la propriété intellectuelle aux débuts de l'impression) et aux falsifications d'éditeurs vraiment très peu scrupuleux, qui ont fait d'un navigateur doué et intelligent un véritable héros de son temps. Le plus étonnant dans ce conflit posthume, c'est que de leur vivant, Christophe Colomb et Amerigo Vespucci étaient des amis très proches. Les lettres de Colomb à son fils semblent tout à fait dédouanner Vespucci de toute tentative de spoliation de la découverte de l'Amérique. Colomb, découvreur physique (c'est lui qui pose le pied le premier sur ce nouveau continent, mais persuadé toute sa vie d'être arrivé aux Indes), et Vespucci, découvreur théorique (c'est lui qui prend conscience de la découverte du nouveau monde). En tout cas, voilà une performance exceptionnelle de Vespucci, rentré dans l'histoire de l'humanité avec seulement 40 pages à son actif. Merci Zweig pour ce cours d'histoire comme il sait si bien les faire (cf Les très riches heures de l'humanité).
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
15 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un Zweig surprenant, 10 juin 2004
Par Un client
Zweig était alors en plen travail sur son Magellan, lorsqu'il découvrit Amerigo Vespucci. Etonné par cette personnalité méconnue, il compléta ses recherches sur le sujet et se rendit compte à quel point l'histoire humaine était injuste. Je préfère vous laisser découvrir et résoudre cette étonnante énigme: Pourquoi l'Amérique s'appelle t-elle ainsi ? Toutefois, si je devais me permettre un reproche, il reviendrait à l'éditeur qui aurait dû compléter cette édition de notes complémentaires et explicatives.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un vrai-faux procès en paternité géographique, 18 septembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Amerigo (Broché)
Zweig y brosse en quelques coups de plume le portrait de cette époque charnière : celle de l'ouverture au monde de la vieille Europe, le moment où les espagnols croient redécouvrir les Indes, les portugais le Brésil et d'autres encore l'Afrique du sud, bref, l'époque où l'on comprend enfin ce que l'on savait déjà sans comprendre : la Terre est ronde. De ce petit opuscule d'une centaine de pages, le prétexte (mais n'est-ce vraiment qu'un prétexte sous la plume de Zweig ?) peut paraitre futile : pourquoi donc a-t-on donné à ce Nouveau Monde le nom d'Amérigo Vespucci alors que Christophe Colomb était passé par là avant lui ? C'est qu'au-delà de leurs voyages respectifs, ces deux-là n'étaient pas embarqués dans la même galère : Amérigo eut le mérite d'écrire, même si ce n'était que quelques lettres de commerçant, et si les voyages permettent vertes, de s'envoler, les écrits, eux, restent. D'autant plus que ceux d'Amérigo furent traduits, repris, transposés, interprêtés et même transformés ... Et si cette époque fut bien celle des voyages, on tient peut-être là (avec ce vrai-faux procès en paternité géographique) une des premières affaires où la chose écrite pris le pas sur la réalité des faits. Un petit récit historique et intelligent, captivant comme un polar et passionnant comme pouvait l'être l'aventure humaine à cette époque.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
|