Difficile de commenter cette gravure. Une vraie bombe en soi. Cela s'impose d'office avec la voix de Simone Kermes. Enfin, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il faut des nerfs solides pour écouter ce fougueux programme d'un seul trait. Andrea Marcon aurait pu faire une petite pause, le temps d'un concerto pour violon, pour laisser souffler l'auditeur. Quatre « Mottettis», survitaminés, et livrés en vrac, peuvent s'avérer une expérience ardue pour l'auditeur non rompu à ce type d'exercice.
En effet, la voix survoltée de Kermes entonne le motet « In Furore» avec une rare intensité. Appuyée par un orchestre magnifique, bonifié par une époustouflante prise de son, elle ne donne décidément pas dans la demi mesure. Andrea Marcon donne le ton à ses meilleurs archets: des motets ? Vraiment ? Plutôt des concertos pour voix ! Et quelle voix. La soprano Simone Kermes ne laissera personne indifférent. Son registre est résolument décapant. A trop vouloir décoiffer l'auditeur, le risque était de le perdre... Mais fort heureusement, plusieurs «arias (Larghetto) », fort bienvenus, viennent décrisper l'auditeur et lui permette de se laisser bercer par cette voix incomparable.
On ne peut passer sous silence les sublimes «Alleluias (allegro)» -un par motet- qui sont rendus avec une grâce infinie, d'une exquise beauté.
Une belle gravure pour Andrea Marcon qui sait se montrer audacieux sans Carmignola. Quiconque est rompu à ce type de voix sera ravi par cet album. En ce qui me concerne, je m'y aventure avec parcimonie et prudence. Personnellement, j'avais adoré la sublime gravure de Sandrine Piau récemment parue chez Naïve. Je lui reste fidèle.