De la Villa Ronny bâtie sur les hauteurs de Cannes, la vue embrassait le golfe de la Napoule et les îles de Lérins, un panorama d'une indéniable beauté qui, un jour, avait séduit feu lord Ronald Barrett et qu'aujourd'hui, grâce à l'hospitalité de sa veuve, Antoine Maunier pouvait tout à loisir contempler.
La maison elle-même était un abracadabrant mélange de styles où le baroque se mêlait au gothique troubadour, avec, çà et là, de petites fantaisies romano-byzantines bien dans le goût du XIXe siècle. Le résultat aurait pu s'avérer déplorable sans l'extrême confort de l'intérieur et l'harmonieuse luxuriance des jardins.
Étages à flanc de colline, coupés d'allées de cyprès ou de palmiers, ils rassemblaient des orangers, des citronniers, des eucalyptus, plusieurs espèces rares : lobélies géantes importées d'Afrique, mahonias de Chine, yuccas du Mexique. Ronny Barrett avait dépensé une fortune pour faire de sa propriété un enchantement. L'odeur qui s'exhalait de chaque fleur, de chaque arbre, composait un parfum unique mais qui n'eût pas été aussi captivant sans la touche suave des mimosas en floraison. Antoine ne se lassait pas de la humer à pleins poumons depuis son arrivée, un soir, dans la Rolls Royce de lady Barrett.
Paris et son climat, les brumes froides, la neige et la pluie, semblaient appartenir à une autre planète et Antoine devait admettre que ce séjour méditerranéen qu'il avait accepté un peu contraint et forcé s'avérait très bénéfique, lady Barrett et le nombreux personnel de la villa s'ingéniant, en plus, à rendre agréable sa convalescence.
Dès la première semaine, il avait donc recouvré toutes ses forces mises à mal par l'agression dont il avait été victime dans le parc Monceau. La deuxième avait été consacrée à quelques excursions, en compagnie de son hôtesse. Fière et ravie de lui servir de guide, celle-ci lui avait appris l'origine de l'appellation «Côte d'Azur» attachée à ce littoral magnifique. Un obscur écrivain bourguignon, Stéphane Liegard, dans un ouvrage paru à la fin du XIXe siècle et que tout le monde avait oublié, était l'auteur de cette trouvaille qui, depuis, était employée universellement.
Pour la troisième semaine, Pamela Barrett envisagea d'organiser une ou deux réceptions, afin de présenter son protégé à la riche société cosmopolite qui résidait sur la Côte d'Azur six mois de l'année, jusqu'aux fortes chaleurs. Se félicitant de la bonne mine d'Antoine, elle venait de lui faire part de ses projets au retour d'une promenade qu'ils avaient effectuée dans le massif de l'Estérel.
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
C'est à Rome que furent façonnés deux anneaux qui devaient symboliser l'amour. C'est à Rome que se dénouera le drame qui les a accompagnés au cours des siècles... Dans un nouveau rêve, Antoine Maunier, qui possède l'une des bagues jumelles, assiste à la passion tragique entre la belle Marion Delorme et le marquis de Cinq-Mars, manipulé puis anéanti par Richelieu. Ces visions, le malheur qui semble inexorablement attaché aux amants et l'acharnement meurtrier de ses ennemis ne laissent subsister aucun doute : un terrible secret entoure les bijoux. Malgré ce pressentiment, emporté par sa fougue et son amour pour Olivia, Antoine va se jeter lui-même dans la gueule de la louve romaine...
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