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Elle est basque, et manie la plume comme d'autres le fleuret ou le sabre. Avec panache. Elle fait des étincelles, mais pas de quartiers. Son humour ravageur, caustique et vitriolé, creuse les pages à l'acide. Ses phrases sonnent comme des tracts, les mots se bousculent, les lignes ondulent comme des bataillons de fourmis rouges courant à l'assaut de cette forteresse instable et déjà bien fissurée : le monde des hommes. Trois farouches bretteurs mènent la danse – "trois sœurs" qui auraient abandonné les blancs cerisiers de Tchékhov pour les festins plus gore de William Burroughs : une bombe sexuelle, une amazone technocrate et une ménagère dépressive. Point commun : la drogue, sous toutes ses formes – ecstasy, Prozac, Tranxène, alcool et autres paradis artificiels. Les hommes ? Des feux follets, des icônes dorées, des ombres inconsistantes et plus ou moins malfaisantes. La réflexion manque de profondeur, parfois – comme si le temps manquait – mais on se prend de tendresse pour ces trois anges modernes en quête d'absolu.
--Scarbo
Revue de presse
Ses trois soeurs là sont délicieuses. Christina, la plus jeune, sert des gins-tonic. Gavée aux petits cachets qui font décoller, elle tente doublier celui qui lui a donné lorgasme du siècle. La seconde, Ana, fait des cocktails dantidépresseurs pour oublier sa vie au foyer. Rosa, la troisième, blonde et chic, se demande pourquoi courir après largent. Tout cela pourrait ne donner quune version papier de
Sex in the City, mais cest bien plus que ça.
Là où le journal de Bridget Jones ne livrait quune somme de commentaires narcissiques dans une Angleterre policée,
Amour, Prozac et autres curiosités nous fait valdinguer au coeur de lEspagne furieuse. Lécriture insolente et libre de Lucia Etxebarria dissèque des secrets intimes et jette un regard sur les arrières-cours des nuits madrilènes. Quand lecsta monte, cest à hurler de rire, à vous faire glousser dans le métro aux heures de pointes. Quand leffet descend, cest une autre affaire, car la génération des 30 ans se voit dans un miroir dont les contours ne sont pas bien brillants.
Construit avec suffisamment de technique, ce premier roman prouve que la jeune femme nest pas seulement une journaliste éblouissante de drôlerie. Chaque chapitre nous présente le regard dune des trois soeurs. Comme dans un ballet classique parfait, la technique pure de lécrivain est là et se fait oublier pour que tout senchaîne : les banderilles, les scènes jouissives, les rêves évaporées de petite fille, tout est vraisemblable et... excitant. --
Laurent Galiana-- --
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--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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