Les premières planches débutent en 1942 dans le Sud de la France, Martin, officier allemand, fréquente Catherine. Mais ce n'est que le début d'un retour en arrière. Allemagne, 1932 : Martin Mahner est étudiant, passionné de littérature. En face de chez lui emménage une jeune fille qui ne lui est pas indifférente : Katarina Braun ; son père est médecin et ils sont... juifs. Hitler arrive au pouvoir. Bien qu'il soit en désaccord avec l'enthousiasme de son père pour le parti national-socialiste, Martin est encore dans la légèreté des émois amoureux. Trop timide, il laisse son ami Gunther séduire Katarina et ne sait comment éconduire Andrea qui elle, est amoureuse de lui. Mais Martin n'a que Katarina en tête. Et puis commence le boycott des commerces et praticiens juifs, et des événements tragiques vont signer la fin de l'insouciance de Martin, tout comme la fin de ses projets de jeunesse.
Le ton est donné : un récit sensible et délicat, un dessin simple, précis et soigné, des couleurs qui replacent bien dans l'époque, l'histoire de l'Allemagne du point de vue allemand est esquissée avec une gravité qui garde encore sa légèreté : il est paradoxal d'écrire cela mais ces amours fragiles et contrariées sont encore le sujet essentiel du livre, même si l'aspect politique et historique est la toile de fond du récit.
On pense un peu à Gibrat (le sursis, le vol du corbeau) et vite, on lit la suite. (3 tomes parus en 2008)