Le fantôme de Syd Barrett, fondateur et âme manifeste de l'un des plus importants groupes de l'histoire du rock, ne cesse de hanter les mémoires depuis sa disparition en juillet 2006, comme il le faisait depuis que l'excentrique guitariste avait décidé de vivre en reclus après deux albums solo et une poignée d'inédits.
Personnage fascinant voire fantastique, Syd Barrett est synonyme de magie, non pas sombre mais psychédélique et multicolore, à l'image du visuel de cette nouvelle compilation proposant un tiers de Pink Floyd première mouture, une large part du chef d'oeuvre solo
Madcap Laughs (1969), le meilleur du second
Barrett (1970),
« Bob Dylan Blues », inédit dévoilé en 2001 sur la précédente compilation solo
Wouldn't You Miss Me?, et une nouveauté totale :
« Rhamadan », pièce instrumentale d'une vingtaine de minutes concoctée probablement avec Steve Peregrine Took (Tyrannosaurus Rex) aux congas. Cette cerise sur le gâteau n'est offerte que par téléchargement, ce qui est regrettable pour ceux qui font encore l'effort d'acheter un CD.
Réécouter toutes ces chansons hallucinées est comme retomber dans une enfance idéalisée, les découvrir est tout simplement une expérience inoubliable. C'est à cette nouvelle génération que s'adresse
An Introduction to Syd Barrett, prête à tomber en extase devant
« See Emily Play », dévaler
« Bike » cent fois d'affilée, se laisser encercler par
« Octopus » (avec son faux départ) ou tenter de percer les secrets de
« If It's In You » (et son dialogue à la console),
« Dominoes » et
« Effervescing Elephant ».
Mais ce qui est le plus frappant à l'écoute de cette introduction et la différencie clairement des anthologies précédentes, est le traitement sonore infligé par David Gilmour, co-producteur du premier album solo et producteur du suivant. Le remastering de l'ensemble, s'il n'est pas le premier, est d'une dynamique éclatante. Cinq titres ont même fait l'objet d'un remixage au studio Astoria par Damon Iddins et Andy Jackson :
« Octopus »,
« She Took A Long Cool Look »,
« Dominoes »,
« Here I Go » et
« Mathilda Mother » sur laquelle David Gilmour a ajouté une partie de basse à la version originale du séminal
The Piper At The Gates of Dawn. Une pièce essentielle pour qui n'a jamais approché le génie lunaire que fut Syd Barrett.
Loïc Picaud - Copyright 2013 Music Story