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For ten years Fraa Erasmas, a young avout, has lived in a cloistered sanctuary for mathematicians, scientists, and philosophers, protected from the corrupting influences of the outside world. But before the week is out, both the existence he abandoned and the one he embraced will stand poised on the brink of cataclysmic change—and Erasmas will become a major player in a drama that will determine the future of his world, as he follows his destiny to the most inhospitable corners of the planet . . . and beyond.
Anathem is the latest miraculous invention by the New York Times bestselling author of Cryptonomicon and The Baroque Cycle—a work of astonishing scope, intelligence, and imagination.
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Un travail de titan mais une narration peu vivante et des objections plus théoriques, *** et demi,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Anathem (Poche)
Comment ne pas être admiratif devant le travail, la rigueur et l'ampleur de cette dernière œuvre de Neal Stephenson ! Non seulement celui-ci se projette dans un futur très lointain mais en plus son futur est celui d'une civilisation humaine complétement pensée depuis ses racines de l'Antiquité (ou son équivalent dans ce monde appelé, en anglais, Arbre) !Sidérant et excessivement impressionnant. Chapeau bas. Souvent hélas, ce type d'érudition apporté au « World-Building » nuit à la qualité de l'intrigue ou des personnages. Le tome présent n'échappe pas à ce défaut, comme pour presque chaque œuvre de Stephenson (hormis Zodiac et Le Samouraï virtuel). Cependant pour ma part j'ai longtemps été captivé par la découverte graduelle de cet étrange univers. Imaginez 7000 années d'un monde inconnu à vous exploitées sous vos yeux. Bon, ne rêvons tout de même pas trop, les philosophes de ce monde sont tout de même fortement inspirés de leurs contreparties terriennes (Socrates devient "Thelenes" et Plato, "Protas"), d'ailleurs dans ses remerciements Neal Stephenson affirme qu'il faut considérer cette œuvre comme un cadre de fiction permettant l'exploration des idées ayant jailli dans l'esprit des plus grands penseurs de la Terre, tels Thales, Pythagore, Platon, Saint Augustin, Leibniz, Kant, Mach, Husserl, et Godel. Bien entendu un simple décalque ne serait pas très intéressant pour un public de SF, voici donc les différences intéressantes que j'ai pu relever (ou comprendre). Le début de la Philosophie dans le monde d'Arbre semble provenir d'une puissante intuition sur l'existence d'une perfection des formes qui a un jour jailli dans l'esprit d'un proto-philosophe nommé Cnous. Ses deux filles, Hylea et Deat en ont fait deux interprétations très différentes, l'une laïque et l'autre religieuse. L'histoire de la pensée à partir de là a produit deux types de communautés scolastiques dont l'une n'est basée que sur la rationalité et l'étude scientifique, les Concents (déformation de couvents). C'est bien entendu cette innovation-là qui nous sera présentée dans ce roman. La première partie du roman, de l'ordre de 400 pages se déroule intégralement à l'intérieur de cet étrange Monastère où les avouts sont séparés radicalement de toute interaction avec la société séculaire mais aussi de tout instrument plus sophistiqué que le papier et le crayon (excepté la Corde, le Tissu et la Sphère, tous faits de nouvellematière et par conséquent modelables voire même émetteur de lumière). Cette séparation n'est bien entendue pas absolue et ménage des espaces d'interaction avec le monde séculaire selon 4 périodicités, un an, dix ans, cent ans et mille ans ! A chacune de ces périodicités correspond une communauté appelée math (sorte de cloître) elle-même totalement séparée des quatre autres, vous avez donc les unaristes, les déceniste, les centénaristes et les millénaristes. A la fin de chaque séquence, les habitants de(s) math(s) concerné(s) peuvent quitter le concent et interagir avec la population « normale », j'insiste sur cet adjectif car la population séculaire (plèbe) n'est pas présentée sous son meilleur jour, inculte (en particulier illettrée, ne sachant lire qu'un ensemble de pictogrammes, abruties par la consommation d'euphorisant et prisonnière de toutes sortes de modes imposées) ce qui doit être la pire des insultes chez Stephenson. Pendant dix jours les avouts se mélangent donc à la population (l'Apert) et c'est aussi le moment où des échanges de population peuvent avoir lieu, le Concent accueillant des enfants plus ou moins abandonnés et des « étudiants » retournant au monde séculier après quelques années d'études. Cette rapide introduction réalisée (!), il me reste à vous parler des moyens que l'auteur emploie pour vous faire découvrir son si particulier univers et là bonne surprise, la narration est linéaire et restreinte essentiellement à un seul personnage, ouf ! Heureusement que l'auteur n'a pas rajouté du multi-points de vue multi-temporel à la complexité de son récit. D'ailleurs le nombre de personnages utilisé est au final extrêmement restreint. Nous suivons donc Erasmas, un déceniste rentré à l'age de huit ans au concent, pendant les semaines précédant l'ouverture du monastère au monde et au-delà. C'est au travers de ses activités quotidiennes que sont révélées graduellement une bonne partie de ce dont j'ai parlé au début de ce commentaire et ce jeu de piste est agréable pour les lecteurs comme moi. Et la jeunesse des protagonistes, autour de dix-huit ans, permet de justifier leur manque de profondeur ainsi que leurs défauts de compréhension de cet univers, aggravé par le fait que Erasmas est loin d'être le plus brillant de sa génération ! Heureusement à ce moment commencent à intervenir des évènements mystérieux, l'arrivée d'Inquisiteurs (hé oui, comment croyez-vous faire respecter la Discipline issue des trois grandes périodes de sac des Concents par le monde Séculaire), la fermeture des télescopes du Concent, puis l'expulsion du mentor d'Erasmas ... c'est comme un jeu de piste compliqué et ça se lit comme « Le nom de la rose » ! A l'issue de ces évènements, nous suivons le périple d'Erasmas et quelques-uns de ses compagnons à l'extérieur du Concent à la poursuite de son mentor Orolo et je dirais que l'intérêt s'étiole à partir de ce moment car les révélations sur le monde deviennent bien moins denses et si la dynamique entre les personnages devraient alors prendre toute la place ... chacun sait que ce n'est pas le point fort de Neal Stephenson. En dehors de l'aspect romanesque faiblard du roman, mais ce n'est pas ce qu'on attend de cet auteur, j'ai tout de même des objections théoriques. - Les Concents nous sont présentés comme des lieux où le savoir est révéré, à tel point qu'il en devient la substance même des pensées de chacun. Or des maladies rares du cerveau ont démontré, s'il en était besoin, que le moteur de l'Homme était bien l'ensemble de ses émotions. Le quotidien de ces hommes aurait donc dû être constitué de bien autre chose que du savoir aride, surtout à ces age « hormonal ». - Les Concents sont présentés comme les plus hauts lieux du savoir humain sur toute la planète, or ses praticiens n'ont droit qu'à du papier et des crayons. Or un savoir n'est maitrisé que si il est pratiqué, que si vous disposez d'instruments de mesure ! Comment voulez-vous qu'il existe des physiciens des particules sans synchrotron ou des généticiens sans plants ni pipettes ? - Enfin je ne vois pas l'intérêt de nous avoir faire perdre tout notre acquis philosophique et scientifique en ayant changé tous nos repères par ce changement perturbant du nom des scientifiques et philosophes. Si vous êtes déjà tout acquis à Neal Stephenson, je pense qu'on peut considérer ce livre comme son chef d'œuvre (prix Locus). Si vous ne connaissez pas encore mais que vous aimez les vastes épopées complexes à la Steven Erikson vous devriez aussi y trouver votre bonheur, quant aux autres ... posez-vous au moins la question car c'est un investissement d'un millier de pages quand même ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Génial, du bonheur au kilometre...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Anathem (Poche)
Encore une fois Neal Stephenson livre un petit bijou tricoté main...Il y décrit un univers complet et complexe, avec plusieurs millénaires d'histoire et de légendes, avec pour fil conducteur une caste de moines dont les seules religions sont la science et la logique, reclus dans leurs monastères qui ne s'ouvrent qu'à intervalles réguliers : tous les ans, tous les 10 ans, tous les 100 ans, voire tous les 1000 ans pour les moines millenaristes. Quels secrets peuvent bien garder ces hommes ? Comment peuvent-ils vivre ainsi reclus et pourquoi ? Leurs connaissances serviront-elles à jour ? C'est quand cet univers se retrouve confronté au plus grand défi de son histoire que l'on découvrira un des clefs de l'énigme. En suivant le parcours initiatique d'un jeune garçon confronté à ce chaos, Neil stephenson distille l'intelligence, l'action, la réflexion, l'humour et l'amour avec une grande habilité. Un chef d'oeuvre, (à ranger à côté de son Cryptonomicon) Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Ardu mais certainement pas abscons ou stérile ... et de toutes façons très élégant ..,
Par Finity's end "Hellburner" (Paris France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Anathem (Poche)
Fidèle à lui même Stephenson à le souci du fond et de la forme ...Toujours ce style qui fait que tout est dense ... vivant et réel ... Il faut mobiliser un maximum de neurones pour s'imprégner des " thèses " de l'ouvrage .. Le style est au rendez vous et nous sommes totalement immergés dans ce monastère du futur où les soubresauts du siècle parviennent amortis au lecteur qui ne manque pas de guetter ces informations succulentes .. C'est une véritable et subtile expérience monastique à laquelle nous convies l'auteur ( conscience de soi ... vérité .. mathématiques ... réalité .... structure de l'univers .. le mot et l'idée ... l'orthodoxie et moyens normatifs ) L'esprit n'est pas déconnecté du quotidien .. de la vie .. de l'expérience intime et collective et des différences d'âge ainsi que du temps qui passe ... Les moines parcourent le temps selon une vie tres réglée et le lecteur s'imprègne de cette philosophie et de ce monachisme du futur .. ...................................................................................................................... C'est une des architectures spirituelles de sf les plus solides que j'ai eu l'occasion de connaître ... ...................................................................................................................... Le lecteur fait donc son stage monastique ... ensuite il part affronter le siecle .. Dans le siecle les turbines neuronales se calment un peu et nous parcourons ce monde non sans comprendre pourquoi il a engendré cette culture monastique puissante et singulière ... .................................................................................................................. Pour apprécier ce roman il faut avoir un goût pour l'introspection ... la " philosophie " car on n'est pas dans le décorum mais dans l'expérience sérieuse d'une philosophe du futur .. Une philosophie qui n'hésite pas à recourir à la satire sociale ..................................................................................................................... A mon humble avis ce roman à quelque chose à voire avec la philosophie politique de Platon .. Attention d'ailleurs un Platon peut en cacher un autre et le Platon n'est pas forcement celui que l'on croirait ... Ce à quoi nous invites l'auteur c'est à philosopher ( au sens propre : agir la pensée ) ... C'est clair ce menu ne peut pas être au goût de tous mais cela n'en fait PAS MAUVAIS ROMAN POUR AUTANT .. ..................................................................................................................... Donc un lecteur averti en vaut DEUX ...... ..................................................................................................................... Du même auteur Zodiac OU Panique à l'université ! que je trouve assez top .. ( entre autres ) Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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