Zap mama, alias Marie Deaulne, publiait en 2004 un petit bijou intitulé Ancestry in progress; un album encore plus enthousiasmant que Supermoon (2007).
L'« intro » est une perle trop courte (1'37), on en redemande ! Fort heureusement, la plage suivante, plus consistante, est également fort délectable ; une mixture très très suave de soul et de funk, une « Sweet melody » qui porte bien son nom...
Zap Mama peut se targuer d'avoir une voix colorée et envoutante, bien plus que la surclassée Erykah Badu, qui apparaît d'ailleurs le temps d'un « Bandy bandy » très attachant.
Elle sait aussi s'entourer de complices de premier choix ' notamment le polyvalent et très doué Anthony Tidd (ex-five elements de Steve Coleman), qui avait déjà donné un sacré coup de griffe au Ma'at mama d'Ursula Rucker, et qui co-produit et participe magistralement, ici aussi...
La pétillante belge (qui chante un français et un anglais impeccables) a également réussi à débaucher rien de moins que Common et Talib Kweli, le temps d'un virage hip-hop (hypnotique « Yelling away »), avec également le batteur terrien Ahmir ?uestlove Thompson, pilier du combo The Roots.
On retrouve encore ce dernier sur la plage suivante, « Show me the way », un zouk léger et très dansant.
Que dire de plus ? La saveur de l'album ne diminue pas, signe d'une belle maturité.
La ballade « Yaku », d'une infinie douceur, est un dépaysement sonore de premier choix. A l'image de l'album tout entier, besace pleine de mille parfums et trouvailles, de fines idées d'arrangements (voir la dynamique et les multiples couches sonores de « Ça varie varie »), et surtout d'un enthousiasme créatif aussi sincère que rafraichissant.
Seul le final « Zap bébés » peut foncièrement laisser sceptique, voire perplexe (sans quoi on mettrait cinq étoiles sans hésitation)...