Ce disque est touché par la grâce. Sorte de version froide, timide, introspective d'une Bebel Gilberto, la voix de petite fille timide de Stina Nordenstam, susurrant de façon parfois à peine audible ses histoires personnelles, insignifiantes et pourtant cruciales, de la vie de tous les jours, sur une musique presque aussi autiste : un saxo ici, quelques notes de guitare ou de piano là, des choeurs, quelques sons divers, de discrètes percussions achevant de donner un rythme hypnotique... Et la magie opère, immédiatement, intensément : la mélancolie est caressante, les mélodies sont à la fois simples et tellement évidentes qu'elles se gravent instantanément. Ce disque est nordique comme son auteur : crépusculaire, lent, beau et envoutant comme un paysage d'hiver. A priori trop dépouillé pour que l'on s'en méfie... et c'est justement par là qu'il devient terriblement addictif, indispensable, même. Si vous aimez les ballades de Björk ou les ballades douces-amères de style bossa-nova, il y a des chances pour que vous soyez sensible au sens mélodique de Stina Nordenstam.