Coup de coeur !
J'ai toujours trouvé les anglais de Tunng particulièrement intéressants, leur fusion de folk, de pop, de psychédélisme et d'electronica avait tout pour me séduire et, de fait, leur tout premier album, le délicieux Mother's Daughter and Other Songs, m'avait totalement gagné à leur cause. La suite, progressivement plus dépouillée, plus sombre, les vit dériver sans toutefois tout à fait perdre leur charme initial, mais le voyant tout de même grandement délayé. Sans doute le rythme, trois albums et beaucoup de concerts en à peine trois ans, avait-il entraîné cette érosion... Sans doute...
Et, tonnerre de Zeus, quel retour ! Quel album ! Se regroupant sur ses bases freak folktronic, Tunng réussit ici une petite merveille d'inspiration. Chatoyant, bucolique, léger, malin, amusant, beau aussi, And Then We Saw Land a toutes ces qualités... et quelques autres encore ! Pour arriver à ce divin résultat, Tunng aura dû se séparer de son fondateur et (ancien) chef songwriter, Sam Genders, et dénicher une nouvelle plume. Le jeu en valait la chandelle. Et quel plaisir d'entendre Becky Jacobs, jadis reléguée aux tâches « subsidiaires », prendre une nouvelle et salutaire importance. Sa voix apporte le petit quelque chose doux et fruité, sensible et chaud, pastoral, souvent, qui manque à beaucoup des « concurrents » de Tunng et qui fait souvent, ici, la différence.
Et comme en plus l'album nous réserve quelques belles trouvailles et excellentes surprises prouvant que ces anglais pas comme les autres sont de lettrés (et fieffés) coquins, il n'y a plus à hésiter. Et nul ne pourra résister à ce « bonbon auditif » si divinement acidulé qui les entraînera, 47 minutes durant, dans des contrées où on nage dans les nuages et fait du toboggan sur les arcs-en-ciel... Rien que ça !