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Souvent, on ne connaît le génie architectural d'Andréa Palladio qu'à travers ses villas, toutes construites dans les alentours de Venise au XVIe siècle. Pourtant, ce prince des architectes se révèle un créateur bien plus complexe que prévu avec ses dizaines de réalisations (palais, églises, théâtres…) qui, toutes, révolutionnent l'art de construire durant la Renaissance. L'ouvrage publié par les éditions Flammarion se veut donc une sorte de catalogue raisonné de son œuvre qui nous permet ainsi de découvrir maints exemples peu connus de son art. Répartie en quatre chapitres, chacune de ses architectures est commentée dans un court texte très pédagogique qui, après avoir restitué les conditions historiques de la commande, s'attache à décrire avec précision la spécificité du bâti. Complété d'un ensemble de photographies extérieures et intérieures du bâtiment, ces courtes notices sont donc un véritable régal pour les yeux même si l'on regrette souvent que l'iconographie ne soit pas plus abondante. Quant au texte d'introduction d'Howard Burns, il explique avec précision comment Palladio a développé son art à partir d'une étude très "scientifique" de l'architecture antique pour ensuite mieux la réinventer. Au final, même si l'on aurait souhaité un ouvrage plus important, on ne peut qu'être ébloui par la rigueur et le minimalisme de ces bâtiments qui n'allaient pas tarder à devenir le modèle de l'architecture néo-classique de la fin du XVIIIe siècle.
--Damien Sausset
MarieClaireMaison.com
Ce n'est pas le premier livre sur le merveilleux architecte du XVIème siècle italien qu'est Andrea Palladio. Mais il se distingue sans peine parce que ses auteurs pensent à lui du soir au matin. L'un est chargé d'un centre d'études international sur l'architecte, l'autre a déjà édité aux éditions Milan des biographies ultra exhaustives de Donatello et du Bernin.
Avec ce duo d'érudits, Palladio nous est restitué sans approximations. Les auteurs font avec lui la somme en 2002 de tout ce qu'il y à aimer chez celui qui a su transcender l'antique pour accoucher entre autres de la quintessence de la villégiature champêtre élégante. Un des sommets de l'architecture occidentale. 66 réalisations du maître l'attestent en détails. Du Teatro Olimpico de Vicence (1580) au monastère de San Giorgio à Venise en passant par la villa Foscari, belle vénitienne dont la beauté pourtant quiète est presque insoutenable.
Quatrième de couverture
Référence du néo-classicisme, grand maître de la synthèse des classicismes grec et romain, Palladio a su réactualiser au XVIe siècle la structure architecturale antique. Il évite la copie de ses modèles mais reconduit leur équilibre, leur harmonie et leur rythme monumental.
Architecte à la ville ou à la campagne, il pense ses bâtiments dans leur environnement. Palais, villas, églises, théâtres sont les quatre types d'édifices auxquels il dédia son style dont toutes les réalisations sont réunies dans cet ouvrage 66 oeuvres au total, décrites et analysées dans leurs moindres détails. La diversité des solutions architectoniques, le sens exceptionnel des proportions, l'élégance des formes forcent des effets picturaux.
Jusqu'au milieu du XIXe siècle, l'aristocratie vénitienne fréquenta ses villas. Elles s'étendent de Padoue à Venise pour monter à cheval, chasser ou se détendre loin de la capitale. Le célèbre Teatro Olimpico de Vicence (1580), construit dans une ancienne forteresse, reprend la structure du théâtre classique romain (sur le modèle de Vitruve) mais donne au demi-cercle de l'amphithéâtre une forme elliptique pour gagner quelques places. Un chef-duvre qu'il n'achèvera pas, considéré comme un sommet de sa manière chromatique, bel exemple de sa maîtrise de la lumière. Le monastère de San Georgio Maggiore à Venise, le Palais Chiericati à Vicence, la villa Malcontenta à Venise,... des oeuvres majeures de l'histoire de l'architecture qui surgissent dans le paysage telles des « fabriques conçues par un peintre humaniste » nous disait André Chastel.