Une fois n'est pas coutume, lorsque vous aurez acquis ce disque (car vous finirez bien par l'acheter), passez directement à la onzième plage et vous comprendrez pourquoi vous avez bien fait de suivre mes conseils. L'air de Haendel issu de Giulio Cesare « Al lampo dell'armi », vous saute littéralement à la figure. Diantre ! Est-ce bien Andreas Scholl ? Les morceaux s'enchaînent et le même constat prévaut. Et pourtant, c'est bien lui. Sa voix immaculée possède toujours la finesse et la pondération de ses précédents enregistrements, mais cette fois, dans son rôle de Senesino, il se lâche davantage, comme décomplexé (?). Enthousiaste, il dresse un brillant portrait de Francesco Bernardi dit Senesino, qui fut au XVIIIe siècle l'un des plus célèbres castrats qui inspira notamment Lotti, Albinoni, Scarlatti et bien sûr Haendel, sur qui il exerça une véritable fascination. C'est donc à un hommage que nous convie le contre-ténor allemand, soutenu par un ensemble instrumental d'une remarquable efficacité et manifestement investi de la même mission. Soyez certains que commencé par le début ou par la fin, ce disque reviendra se loger souvent dans le tiroir de votre lecteur. De toute façon, l'écoute en boucle vous fera perdre tous vos repères.