Après une bataille destructrice autant pour le corps que pour l’esprit, Setsuna se retrouve impuissant, derrière les barreaux d’une cage, livré au bon vouloir de Mikael qui prend enfin de l’importance, au-delà du stade de l’humour et de la bêtise … ou presque. Parce qu’un ange, même avec une aile en moins, reste plein de détermination et de ressources pour parvenir à son but. Setsuna n’en a qu’un : ne pas mourir, pour se venger. La vengeance, seule raison d’être, seule motivation et seul moteur capable de pousser quelqu’un avec autant de fougue. Et face à cela, que vaut l’archange du feu, si criblé de doutes et de peines, si accablé par la tristesse ? Pendant ce temps, Sara alias Gabriel reçoit la visite de son Raphinou qui, juste avant son procès, la drogue en profitant de sa naïveté et de son inclination à faire confiance. Là encore, le personnage se révèle plus dur et donc plus nuancé que prévu, et ce pour notre plus grand plaisir. Et lors du procès … Sara y part confiante, mais déchante vite devant la terrible constatation : plus aucun son n’accepte de franchir ses lèvres. La trahison de Raphael, la frustration de ne pas se défendre et la peur de la folle accusation de Sevoth-tart ont raison de la jeune fille, qui vit le calvaire tandis que Raphael regrette un choix qu’il n’a pas eu et que son amoureux claudique vers elle.
Si ce tome recèle beaucoup d’action et de remue ménage, il n’en reste pas moins particulièrement brouillon. Setsuna a beau être intéressant à puiser de nouveau au plus profond de lui pour réactualiser ses motivations, et le procès un moment intense en informations, certains sentiments ne sont pas toujours bien développés, tandis que d’autres le sont un peu trop. Evidemment, la narration reste excellente, riche en détails et en apports, mais au final il ne ressort que peu de choses véritablement claires de ce tome, dont on a oublié une partie. Tout arrive à point nommé pour satisfaire la mangaka, comme le débarquement inopiné d’Uriel et la double vision de Setsuna … Bref, un grand méli mélo qui se transforme peu à peu en un n’importe quoi assumé, le récit se perd dans tous les sens et le tout n’est que peu clair dans les esprits. Même à la deuxième lecture. Ce qui ressort plus clairement, néanmoins, c’est l’indéniable intérêt des passages qui s’attardent sur Laïla et le sort qui lui est réservé, ainsi que la faible exploitation des sentiments de Raphinou. En ce qui concerne Métatron, le récit reste assez énigmatique et confus sur son rôle à jouer. Ce petit bout d’ange est présent depuis le premier tome, et pourtant c’est seulement maintenant qu’il commence à prendre de l’importance, sans que l’on comprenne clairement en quoi il va être primordial dans la suite du récit … En tous les cas, ce tome est bien trop complexe pour en dire plus …
NiDNiM
(Critique de www.manga-news.com )
La mangaka que l’on connait sous le nom de plume Kaori Yuki (由貴香織里) est née un 18 décembre à Tokyo, mais elle n'a jamais divulgué l'année de sa naissance, qui peut être estimée dans les années 1960.
C’est tôt qu’elle apprend à dessiner, mais au lieu de suivre des cours spécialisés pour le métier de mangaka, elle passera par une école d’art dont elle sortira diplômée en 1986. Le premier travail qu’elle a rendu -une nouvelle-, dans le cadre de son école, sera appelé « Vampire’s Love », mais c’est grâce à son avancée jusqu’en demi-finale d’un concours de Hana to Yume chez Hakusensha qu’elle se fait remarquer avec sa nouvelle « Love Hunt ». C’est à partir de là qu’elle commence alors chez l’éditeur avec sa première œuvre dans le domaine professionnel : « Natsufuku no Erii », connu en France sous « La tenue d’été d’Elie » disponible dans le tome 3 de
Comte Cain qui parait dans le Bessatsu Hana to Yume d’automne 1987. Elle travaille donc avec l’éditeur Hakusensha de 1987 à 2010, où elle passe un nouveau contrat, avec Kodansha, ce qui va l’amener à s’imposer beaucoup plus en termes de communication et de sources internet. Elle met en effet à disposition :
- son blog, mieux fourni qu’auparavant : 地下庭園 ―UnDERGAЯDEN― (http://www.yukikaori.jp/blog/)
- un compte Twitter : Angelaid (http://twitter.com/#!/angelaid)
- un album photos en ligne : Angelaid (http://p.twipple.jp/user/angelaid)
Au sujet de son nom de plume, on sait qu’il n’est pas né d’une grande réflexion puisqu’il est venu de la télévision avec le nom d’une actrice et un prénom totalement inventé. Toutefois, on peut penser que son prénom fictif se rapproche du réel, puisque son éditeur a accepté ce pseudonyme sur la base de ressemblance avec son véritable nom.
Niveau international, Kaori Yuki aura pu être aperçue à Londres en automne 2000 (pour de la documentation avant l’écriture de
Comte Cain /
God Child), puis en Allemange (juin 2001) pour une convention de manga où elle a offert des dédicaces et une conférence. Elle est revenue en Allemagne 5 ans plus tard pour un salon du livre, où là encore elle propose des dédicaces aux heureux détenteurs du ticket nécessaire. Enfin, lors de la Japan Expo 2009 le stand Shojo Paradise monté par Hakusensha et Shueisha permettait de laisser des messages à certains auteurs de shojos, dont Kaori Yuki.
On en connait un peu plus sur elle grâce à diverses interviews, aux postfaces ou aux colonnes de textes éparpillées dans les volumes de ses séries :
- Elle a une fille née en 2004 et un fils né en 2007 dont elle s’occupe beaucoup malgré son travail harassant de mangaka, ce qui explique sans doute le ralentissement de ses publications ainsi que son récemment évoqué manque d’évolution : le rôle de maman est difficile à vivre, et elle en parle d’ailleurs souvent tout en rappelant également le bonheur que cela lui apporte.
- Elle est très attachée à ses fans, aime recevoir des courriers de leur part et les remercier. C’est d’ailleurs grâce à eux qu’elle a commencé à écouter de la musique en travaillant, suite aux envois réguliers d’albums par ses lecteurs. Elle se passe d’ailleurs souvent en boucle certaines chansons pour conserver l’atmosphère née lors de son travail. Enfin, comme toutes les mangakas elle dort extrêmement peu et ce n’est sans doute pas ses enfants qui auront arrangés cela !
- Ses goûts plus personnels sont très variés : les chats, la musique (des groupes comme The Cure, le J-rock et le Visual), les films parmi lesquels on peut citer en pagaille Alien II ou le Cercle des Poètes Disparus, les jeux vidéos (Final Fantasy II et III, Persona 2, ...). C’est également une amatrice des figurines ou objets de décorations liés au monde féérique qu’elle a d’ailleurs mis en scène dans Fairy Cube.
A noter qu'elle a réalisé de nombreux dojinshi, parmi les plus célèbres on connait : Saishû Gensô FF II (最終幻想 -1990) sur Final Fantasy II dont l’histoire principale de focalise sur Leon. Nemureru Ryû no Kodomo-tachi (眠れる竜の子供達) sur Dragon Quest II, Red Wings (1992) qui s’inspire de Final Fantasy IV, Kottô Teien - Antique Garden (骨董庭園 - アンティーク ガーデン - 1995) sur Final Fantasy III et IV et enfin Die (1995 puis réédition en 1996), création originale. Sans parler de ses nombreuses participations à des projets collectifs ...
La mangaka a également participé à un projet de grande ampleur,
Meine Liebe (マイネリーベ) en créant le character design des personnages du jeu, qui sont à la base des différentes exploitations de la licence. Celle-ci se décompose en plusieurs axes : le jeu vidéo (avril 2001) sur le principe du harem de beaux garçons ; une série manga en 4 tomes (prépublication mai 2004, publication janvier 2005 – mai 2006) par Rei Izawa et une version bunko en mai 2010 ; un jeu PS2 (septembre 2004) ; la première saison de l’anime (novembre 2004, 13 épisodes) ; un roman d’un volume par Gotoh Shinobu (aout 2005) ; la saison deux de l’anime (janvier 2006, 13 épisodes) et enfin le second jeu sur PS2 en février 2006.