« Les dons musicaux et l'éclatante beauté de la soprano roumaine Angela Gheorghiu en font une diva parfaite » (Billboard).
Personne n'a eu besoin de convaincre Angela Gheorghiu de chanter et personne n'a jamais douté qu'elle y consacrerait sa vie.
Née en 1965, elle grandit en Roumanie dans un milieu relativement humble, son père est conducteur de train à Adjud.
Son talent manifeste lui permet de s'inscrire à l'âge de 14 ans au lycée George Enescu de Bucarest, où elle suit un programme chargé comprenant de l'art dramatique, de la danse et du piano ainsi que, trois fois par semaine, quatre fois par an, du chant avec la remarquable Mia Barbu.
Admise à l'Académie de musique de Bucarest, elle y termine brillamment ses études à l'âge de 23 ans. Les opportunités de carrière pour les artistes établis de l'autre côté du rideau de fer sont alors limitées et le resteront jusqu'à la chute de Ceausescu. La fin de la dictature permet cependant à Angela de réaliser ses ambitions.
Elle participe, en tant que jeune talent, à un concert télévisé à Amsterdam puis à des auditions à Covent Garden, où elle est immédiatement remarquée. Peter Katona, alors chargé de la distribution au Royal Opera, l'invite à y faire ses débuts dans La Bohème. La jeune chanteuse juge qu'il serait plus sage de se contenter de Zerlina dans Don Giovanni, mais ne tarde pas à regretter son choix. Bien qu'il représente une excellente opportunité, c'est un rôle trop bref, trop aisé et dans un registre trop bas pour elle. Les rôles plus exigeants ne se feront cependant pas attendre. Angela incarne d'abord Mimi (La Bohème), Liu (Turandot), Micaëla (Carmen) et Nina dans Chérubin de Massenet. En 1992, elle débute à Vienne et à Hambourg en Adina (L'Elixir d'amour) et, en 1993 en Mimi, au Metropolitan Opera de New York. Sensibles à l'éclat sensuel de sa voix de soprano, à sa beauté, à sa présence sur scène et à sa passion pour les mots, la critique et le public lui réservent un accueil enthousiaste.
Mais rien n'égale l'ovation qui lui est faite en 1994 lors de ses débuts triomphaux en Violetta dans
La Traviata, dirigée par Sir Georg Solti, qui déclare à l'issue d'une des répétitions : « J'étais en larmes. J'ai dû sortir. Elle est absolument merveilleuse. Avec elle, tout est possible ».
Le succès de sa prise de rôle est tel que la BBC bouleverse une partie de sa programmation télévisée pour diffuser immédiatement l'opéra. Angela n'a alors que 29 ans.
« La "Violetta" d'Angela Gheorghiu est une des meilleures qu'il nous ait été donné d'entendre,
sa belle voix palpite de tristesse et exprime à merveille sa vulnérabilité », écrit Fanfare. « Angela campe une "Violetta" à la fois émouvante et vraisemblable.
Un jeune chanteur promis à un grand avenir la trouve, lui aussi semble-t-il, merveilleuse. Angela rencontre Roberto Alagna en 1994, alors qu'elle interprète Mimi à Covent Garden. Lui-même y fait sensation dans Roméo et Juliette de Gounod. En 1996, Angela et Roberto fêtent leurs noces à New York, où ils sont tous deux à l'affiche du Metropolitan Opera dans La Bohème.
En décembre 1997, Angela Gheorghiu triomphe à nouveau dans une Traviata nouvellement mise en scène par Jonathan Miller à l'Opéra Bastille. Très sollicitée dans le monde entier, elle donne la réplique à son époux dans Roméo et Juliette au Metropolitan Opera en mars 1998, et envisage un Faust à Covent Garden. Elle interprète L'Elixir d'amour au Lyric Opera de Chicago et, en octobre, se produit au Japon et en Corée.
1998 marque aussi la date de son entrée chez EMI Classics ou elle y rejoint Roberto et signe un contrat d’exclusivité. Il est rare, dans le monde des arts et du spectacle, que des époux voient leurs carrières s'épanouir conjointement. « Je pense que nous gagnons à être ensemble parce que musicalement nous sommes très proches. Nous analysons tout ensemble, chaque note, chaque geste, chaque mot, explique Angela Gheorghiu. C'est gratifiant d'un point de vue musical, et bien sûr personnel, mais sans être étouffant. »
C’est ainsi que pour son premier disque chez EMI Classics, consacré aux airs et duos d’opéras, elle est accompagnée de Roberto Alagna et de l’Orchestra of the Royal Opera House de Covent Garden.
Elle s’attaque par la suite à un opéra de Puccini rarement enregistré, La Rondine avec le London Symphony Orchestra puis elle enregistre Romeo et Juliette de Gounod avec l’Orchestre du Capitole de Toulouse et signe un second album de duos avec son mari, Verdi per due avec l'Orchestre philharmonique de Berlin.
Sa discographie chez EMI Classics englobe aussi bien le répertoire italien que français : Werther de Massenet avec le London Symphony Orchestra, Manon avec l’Orchestre symphonique de la Monnaie, Il Trovatore de Verdi, Carmen de Bizet… et son très beau Casta Diva a fait l’objet d’une captation « live » avec le Staatskapelle Dresden que l’on retrouve sur Classics on a Summer’s Evening en CD et DVD.
En 2000 elle incarne Tosca dans le film de Benoit Jacquot. Le film est projeté à travers le monde, la critique est élogieuse « Elle est la plus sensuelle Tosca que l’on puisse imaginer … La passion et la beauté d'Angela Gheorghiu sont idéales pour Tosca, comme si les meilleures interprétations de Callas et Tebaldi étaient réunies » (Opera News, USA). Le film est présenté et défendu par Angela à la Fenice de Venise.
Angela prête également ses traits à Juliette dans le film Romeo et Juliette pour Online Classics en DVD et a chanté lors de la représentation historique du PROMS au Palais de Buckingham, le 1er juin 2002, pour marquer le jubilé de la Reine Elizabeth II ; un concert qui est également disponible en DVD. Angela Gheorghiu a chanté à différentes occasions pour son altesse, le prince de Galles.
En 2003 elle chante au Nobel Peace Prize Concert, une performance magique que l’on retrouve en DVD. Angela Gheorghiu a également inauguré l'ouverture du nouvel Opéra de Valence en présence de la Reine Sophia d’Espagne (octobre 2005).
En janvier 2006 elle triomphe au MET avec l’un de ses opéras fétiches, La Traviata et trois mois plus tard, en avril, fait ses débuts remarqués à la Scala, en récital. En juin 2006 elle chante sa première Tosca à Covent Garden puis retrouve la scène du Vienna Staatsoper pour La Bohème (novembre 2007) et le Met pour une série de Simon Boccanegra et une exécution de gala de La Traviata (mars 2007).
Cette année là, les français ont eu la chance de l’entendre à plusieurs reprises en récital, à la Salle Pleyel et au Palais Garnier et au disque avec un enregistrement pour EMI Classics consacré aux airs d’opéras italiens et français « Live from la Scala ». En septembre elle chantait au côté de Roberto Alagna, à Marseille, dans l'opéra Marius et Fanny du compositeur Vladimir Cosma, en création mondiale.
En octobre 2009 parait chez EMI Classics Madame Butterfly de Puccini où elle forme un duo idéal avec Jaunas Kaufmann sous la direction d’Antonio Pappano.
On pourra prochainement l’entendre dans Tosca et Faust au Royal Opera House, Lucia di Lammermoor, Adriana Lecouvreur, Manon Lescaut, Lucrezia Borgia, Alceste, Don Carlos…
Cette biographie a été fournie par l'artiste ou son représentant.