Comme suite au légendaire et unique album de Thergothon, les formations de doom extrême se sont multipliées, confondant qualité avec lenteur. Certes, c’est l’une des principales caractéristiques de ce style, mais parvenir à captiver l’auditeur est un vrai tour de force et Shape of Despair y arrive aisément. Ici, lenteur ne rime pas avec ennui mais avec magie. Au long de ces 55 minutes - en seulement 5 titres -, ce groupe finlandais envoûte inexorablement. Dès la première note nous sommes entraînés dans un voyage où nous imaginons sans peine notre esprit - libéré depuis peu de son étreinte charnelle – planer au-dessus d’une immense et obscure forêt. Des chœurs angéliques nous guident sur cette nouvelle voie en quête de la quiétude éternelle et la voix irréelle et gutturale de la raison nous remémore notre triste vie terrestre. « Angel of distress » est un véritable hymne à la mélancolie ; un album d’une beauté sans nom qui figure désormais comme l’un des monuments de cette scène.