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Note de lauteur
Tous les tombeaux, sites souterrains, édifices architecturaux et oeuvres dart romains auxquels se réfère cet ouvrage existent bel et bien. On peut encore les admirer aujourdhui. Quant à la Confrérie des Illuminati, elle a aussi existé.
Prologue
En reniflant une odeur de chair brûlée, le physicien Leonardo Vetra comprit que cétait la sienne. Il leva des yeux terrorisés vers la silhouette penchée sur lui.
- Que voulez-vous ?
- La chiave, répondit la voix rauque, le mot de passe.
- Mais... je nai pas...
Lintrus appuya de nouveau, enfonçant plus profondément lobjet blanc et brûlant dans la poitrine de Vetra. On entendit un grésillement de viande sur le gril. Vetra poussa un hurlement de douleur.
- Il ny a pas de mot de passe !
Il se sentait basculer dans le néant.
Son bourreau lui jeta un regard furibond.
- Exactement ce que je craignais. Ne avevo paura !
Vetra lutta pour ne pas perdre connaissance, mais le voile qui le séparait du monde sépaississait. Son seul réconfort : savoir que son agresseur nobtiendrait jamais ce quil était venu chercher. Quelques instants plus tard, lhomme sortit un couteau. La lame sapprocha du visage de Vetra. Avec une délicatesse toute chirurgicale.
- Pour lamour de Dieu ! hurla le mourant dune voix étranglée.
- Mais il était trop tard.
Chapitre 1. Au sommet des marches de la grande pyramide de Gizeh, une jeune femme riait et lappelait.
- Robert, dépêche-toi ! Décidément, jaurais dû épouser un homme plus jeune ! Son sourire était magique. Il sefforçait de la suivre mais ses jambes étaient deux blocs de pierre.
- Attends-moi ! supplia-t-il. Sil te plaît ! Alors quil recommençait à grimper, la vision se brouilla. Son coeur cognait comme un gong à ses oreilles. Je dois la rattraper ! Mais quand il leva de nouveau les yeux, la femme avait disparu. A` sa place se tenait un vieillard aux dents gâtées. Lhomme regardait vers le bas, un étrange rictus retroussait ses lèvres. Puis il poussa un cri dangoisse qui résonna dans le désert. Robert Langdon se réveilla en sursaut de son cauchemar. Le téléphone sonnait à côté de son lit. Emergeant péniblement, il décrocha lappareil.
- Allô ?
- Je cherche à joindre Robert Langdon, fit une voix dhomme. Langdon sassit dans son lit et essaya de reprendre ses esprits.
- Cest... cest lui-même. Il cligna des yeux en tournant la tête vers son réveil numérique. Celui-ci affichait 5 h 18 du matin. Il faut que je vous rencontre sur-le-champ.
- Mais qui êtes-vous ?
- Je me nomme Maximilien Kohler. Je suis physicien. Spécialisé en physique des particules, pour être précis.
- Quoi ? Langdon se demandait sil était vraiment réveillé.
- Vous êtes sûr que je suis le Langdon que vous cherchez ?
- Vous êtes professeur diconologie religieuse à Harvard. Vous êtes lauteur de trois ouvrages sur les systèmes symboliques et...
- Savez-vous lheure quil est ?
- Excusez-moi. Jai quelque chose à vous montrer. Il mest impossible den parler au téléphone. Langdon poussa un marmonnement entendu. Ce nétait pas la première fois. Lun des risques qui guettent lauteur de livres sur la symbolique religieuse, cest justement ce genre dappels dilluminés. Ils viennent de recevoir un message de Dieu et ils demandent confirmation au spécialiste. Le mois précédent, une danseuse de cabaret de Tulsa dans lOklahoma lui avait promis la nuit damour de sa vie sil prenait lavion pour authentifier le signe de croix qui venait dapparaître sur sa housse de couette. Langdon avait baptisé ce nouveau cas « le suaire de Tulsa ».
- Comment avez-vous eu mon numéro ? demanda Langdon en essayant de garder son calme malgré lheure matinale.
- Sur le Web, sur le site de votre bouquin. Langdon fronça les sourcils. Il était parfaitement sûr que le site de son livre ne donnait pas son numéro de téléphone privé. Ce type mentait, de toute évidence.
- Il faut que je vous voie, insista lautre. Je vous paierai bien. Langdon sortit de ses gonds.
- Je suis désolé, mais vraiment je nai rien à...
- Si vous partez tout de suite, vous pouvez être ici vers...
- Je nirai nulle part ! Il est 5 heures du matin ! Langdon raccrocha et se laissa choir sur son lit. Il ferma les yeux et essaya de se rendormir. Peine perdue. Il était trop contrarié. A` regret, il enfila son peignoir et descendit au rez-de-chaussée. Robert Langdon traversa pieds nus le grand salon vide de sa demeure victorienne du Massachusetts et se prépara le remède habituel des nuits dinsomnie, un bol de chocolat instantané en poudre. La lune davril filtrait à travers les portes-fenêtres et animait les motifs des tapis orientaux. Il balaya la pièce du regard. Ses collègues le taquinaient souvent sur son intérieur celui-ci évoquait davantage, selon eux, un musée danthropologie quune habitation privée. Ses étagères étaient bondées dobjets dart religieux du monde entier un ekuaba du Ghana, une croix en or espagnole, une idole cycladique de la mer E´ gée et même un rare boccus tissé de Bornéo, symbole de jeunesse éternelle porté par les jeunes guerriers indonésiens. Assis sur son coffre Maharishi en cuivre, Langdon savourait son chocolat en surveillant dun oeil distrait son reflet dans la baie vitrée. Limage déformée et pâle évoquait un fantôme. Un fantôme vieillissant, songea le professeur, cruellement rappelé à la réalité de sa condition : un esprit jeune dans une enveloppe mortelle. A gé denviron quarante ans, Langdon, qui nétait pas beau au sens classique du terme, était le type même de luniversitaire à la mâle distinction qui, selon ses collègues du sexe féminin, plaît tant aux femmes. Avec ses tempes argentées qui rehaussaient une belle chevelure encore brune, son impressionnante voix de basse et le large sourire insouciant dun grand sportif, Langdon avait gardé le corps du nageur de compétition quil avait été à luniversité. Et il veillait à maintenir en forme son mètre quatre-vingts longiligne et musclé en simposant chaque matin cinquante longueurs dans la piscine du campus. Ses amis lavaient toujours considéré comme une énigme. Tour à tour moderne et nostalgique, il semblait changer de peau à volonté. Le week-end, on pouvait le voir se prélasser sur une pelouse, discutant conception assistée par ordinateur ou histoire religieuse avec des étudiants ; parfois, on lapercevait en veste de tweed sur un gilet à motifs cachemire dans les pages dun magazine dart ou à la soirée douverture dun musée où on lui avait demandé de prononcer une conférence. Ce grand amoureux des symboles était sans aucun doute un professeur qui ne faisait pas de cadeaux et exigeait une stricte discipline de ses élèves, mais Langdon était aussi le premier à pratiquer « lart oublié du bon rire franc et massif », selon sa bizarre expression, dont il vantait les mérites. Il adorait les récréations et les imposait avec un fanatisme contagieux qui lui avait valu une popularité sans mélange auprès de ses étudiants. Son surnom sur le campus, le « Dauphin », en disait long sur son caractère bon enfant mais aussi sur sa capacité légendaire de multiplier les feintes pour tromper léquipe adverse, lors des matchs de water-polo. Soudain, le silence du grand salon fut de nouveau troublé, cette fois par une sorte de cliquetis que le quadragénaire à demi assoupi ne reconnut pas tout de suite. Trop fatigué pour semporter, Langdon esquissa un sourire las : le cinglé de tout à lheure ne savouait pas vaincu. Ah, ces fous de Dieu ! Deux mille ans quils attendent le Messie et ils y croient plus que jamais ! Les sourcils froncés, il rapporta son bol vide à la cuisine et gagna à pas lents son bureau lambrissé de chêne. Le fax qui venait darriver luisait faiblement sur le plateau. En poussant un soupir, il sempara de la feuille et lapprocha de ses yeux. Aussitôt, il fut pris de nausées. Cétait la photo dun cadavre. On lavait entièrement dénudé et on lui avait tordu le cou jusquà ce que sa tête regarde derrière lui. Sur la poitrine de la victime une terrible brûlure renforçait latrocité de ce meurtre. Lhomme avait été marqué au fer rouge, on avait gravé un mot, un seul mot dans sa chair. Un terme que Langdon connaissait bien. Très bien. Ses yeux restaient rivés, incrédules, sur les étranges caractères gothiques :
- Illuminati, balbutia Langdon, le coeur battant à tout rompre. Ce nest quand même pas... Dun mouvement lent, appréhendant ce quil allait découvrir, il fit pivoter le fax à 180 degrés. Lut le mot à lenvers. Il en eut le souffle coupé à peu près comme sil venait de se prendre un coup de poing en pleine poitrine.
- Illuminati, répéta-t-il dans un murmure. Abasourdi, Langdon saffala dans une chaise. Il resta pétrifié, sous le coup de la commotion quil venait de recevoir. Peu à peu, ses yeux furent attirés par le clignotement du voyant rouge sur son fax. Celui qui lui avait envoyé ce fax morbide était au bout du fil... et attendait de lui parler. Langdon resta longtemps sans bouger, à fixer ce petit clignotant redoutable. Puis, en tremblant, il décrocha le combiné.
Début Chapitre 2.
- Maccorderez-vous votre attention, à présent ? fit la voix de lhomme quand Langdon prit enfin la ligne.
- En effet, monsieur, vous avez toute mon attention. Peut-être pourriez-vous mexpliquer...
- Jai essayé de le faire tout à lheure... (La voix était rigide et mécanique.) Je suis physicien et je dirige un laboratoire de recherche. Il y a eu un meurtre chez nous. Vous avez vu le corps.
- Comment mavez-vous trouvé ?
...
Pour le célèbre symbologue, ce crime est signé : la société secrète tant redoutée est de retour après quatre siècles de silence.
Son but ? Anéantir l'Église Catholique et son symbole, le Vatican --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
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