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35 internautes sur 35 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
un roman à l'abri du temps,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Anna Karénine (Poche)
Tout le monde n'a pas le temps de lire des romans de plus de 700 pages. Il faut beaucoup de temps et la promesse d'un roman formidable. Or, si un roman de l'époque de Maupassant ou de Zola, peut encore plaire, il parait parfois un peu désuet. Les personnages ont des émois ou des préoccupations qui ne nous touchent plus vraiment.
Ce n'est pas le cas pour Anna Karénine. Sans aller jusqu'à dire que ce roman aurait pu être écrit aujourd'hui, on rentre (moi en tout cas) parfaitement dans les préoccupations des personnages de ce roman. Rarement une naissance, un mariage, l'agonie d'un mourant n'auront été racontés avec autant de force. Chaque personnage a une présence incomparable. C'est la première fois qu'après avoir lu un livre, je parle à mes amis de personnages de romans comme si ils avaient vraiment vécu. Il y a Oblonski, Dolly, Lévine, Kitty, Vronski... On a envi de tous les nommer, tellement ils sont devenus vivants en nous. Pas seulement des silhouettes de papier. Et comme Vronski le fait à la fin du roman, je ne peux m'empêcher de songer longtemps après la lecture du livre, à la vision d'Anna Karénine sur le quai de gare...Immanquablement, me vient un serrement de coeur. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
19 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Anna Karénine ou A quoi tient le bonheur,
Par Nastasia Buergo (France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Anna Karénine (Poche)
Il est difficile de parler de ce beau roman sans dévoiler tout ou partie de l'intrigue. Disons que le destin de deux couples principalement y est développé même si l'on parle fréquemment d'un troisième. L'incipit du roman parle de lui-même "Les familles heureuses se ressemblent toutes; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à sa façon." Ne m'en voulez pas si je vous retire la joie de découvrir que celui d'Anna Karénine est de loin le couple le plus malheureux.
Les couples sont aristocratiques de vieille noblesse russe en fin de XIXème siècle (c'est-à-dire que l'écrivain parlait de son époque au moment où il écrivait le roman). Les vices et les merveilles de cette vie qui n'existe plus guère de nos jours que chez les très grands patrons de très grandes entreprises et chez certains chefs d'états sont parfaitement peints avec leurs brillances et surtout, leurs vacuités et hypocrisies. Le clivage qui existait entre cette société et le peuple est parfaitement illustré, notamment dans les yeux de Constantin Levine, alias Tolstoï lui-même, (concernant la question agricole, du progressiste Levine en butte avec l'épaisse conception traditionnelle réfractaire au changement, voir le parallèle français avec le personnage de Hourdequin dans La Terre de Zola) clivage qui devait conduire quelques décennies plus tard à la révolution russe de 1917. La simplicité et la vérité du style employé par l'auteur donne toute sa force et sa grandeur à cette œuvre monumentale, qui traverse les époques sans ternir. Ne soyez pas effrayés par l'épaisseur du livre qui se lit très facilement et dont la lecture est rendue très agréable par le découpage en minuscules chapitres. Les scènes rurales sont pleines de vérité et de vécu (la chasse à la bécassine, le fauchage à la faux, le négoce du bois...) et les scènes urbaines non moins pleines de vérité et de vécu sondent les désirs et les entraves sociales magistralement. Un roman à lire et à savourer, un monument de la littérature du XIXè s. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Une passion sacrifiée,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Anna Karénine (Poche)
Je ne serai pas celui qui déboulonnera le géant Tolstoï. Considéré par beaucoup comme le plus grand écrivain russe, inutile de chercher à dévaloriser celui qui plane si haut au-dessus de nos têtes.
Je lui voue donc la même admiration que celle d'un têtard qui regarde une grenouille. Je suis encore plus déprimé que le têtard parce que je sais que dans mon cas la transformation ne se fera jamais. J'aurais dû lire Tolstoï bien avant. Mon approche de la littérature en aurait été probablement changée. J'aurais pris conscience plus vite de l'influence du génie sur mes futurs choix de lecture. J'aurais perdu moins de temps à creuser le vide de tous les mauvais écrivains dont je tournais l'ennui et la vanité des pages avec la seule volonté de former mon goût à la lecture. Quand je pense à toutes ces pages inutiles qui m'ont privé d'autant de pages de « Guerre et Paix » ! Je trouverai un jour le temps de réparer cette injustice. "Anna Karénine" retrace sept vies, de février 1872 à juillet 1876, dont les scènes se partagent entre Saint-Pétersbourg et Moscou, ainsi qu'entre les quatre propriétés de campagne. Trois couples et un célibataire en sont les principaux personnages, issus de la noblesse tsariste, princes ou comtes: - Le couple Karenine, Anna/Alexis, qui se transformera bientôt en Anna/Vronsky après l'adultère commis par Anna pour les yeux d'un beau capitaine de cavalerie ; couple aux attirances charnelles dont la passion contrariée aboutira au drame. - Le couple Liovine, Kitty/Constantin ; couple idéalisé de Tolstoï, touché par la morale et la foi, dans lequel il a mis beaucoup de lui-même. - Enfin le couple secondaire Oblonsky, Stépane/Dolly, qui sert de passerelle entre les deux premiers. "Anna Karénine" est un modèle de structure romanesque. Les scènes sont d'une réalité si ordinaire qu'on a l'impression d'y participer soi-même: la chasse aux premières lueurs du jour, la moisson sous la fournaise des champs à perte de vue, le bal sous l'éclat d'un faste princier, les banquets plantureux des réunions politiques. Le génie romanesque de Tolstoï, c'est de faire vivre les décors dans l'action des personnages, et non pas comme un tableau fixe peint une fois pour toutes, défaut trop souvent rébarbatif des écrivains du 19e. Son génie encore est dans son style, qui utilise à la perfection des adjectifs, des comparaisons et des métaphores d'une variété et d'une richesse illimitées. Rarement autant de simplicité aura projeté autant d'images dans mon esprit. Reste bien sûr le fond du roman. Anna est devenue un archétype de la passion amoureuse, prête à tout perdre pour la vivre, mais finalement sacrifiée à la moralité de façade d'une époque et d'une classe. Vronsky, Liovine et Kitty, sont autant de personnages inoubliables, aussi importants qu'elle dans le roman. Liovine c'est Tolstoï qui se retire sur ses terres à la campagne, qui défend ses moujiks après l'abolition du servage, et croit avoir compris le but de la vie en découvrant la foi. Malgré cette admiration que j'ai montrée, je veux dire aussi que Tolstoï n'est jamais aussi remarquable que dans son rôle d'artiste. Il a souvent été critiqué pour "son côté prédicateur qui fait bâiller d'ennui". J'ai bien ressenti moi aussi cette impression, lorsqu'il se lance dans sa trop longue théorie sur la réforme agraire, ou sur le mécanisme compliqué d'une élection politique. Car Tolstoï s'invite parfois dans le roman et devient un narrateur moraliste et idéologue qui tranche un peu avec la forme et la force habituelles de son récit. Je regarde alors sa barbe blanche avec tendresse et je me dis que c'est mon grand-père qui parle. Ludi Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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