Présentation de l'éditeur
50 ans, âge symbolique à la fois porteur dangoisses et dexpectatives est souvent le moment saisi
pour faire un bilan de sa vie. César Aira y voit aussi loccasion de prendre un nouveau départ, de
combler les trous qui émaillent sa connaissance, et lont jusquici poussé à surseoir aux explications
essentielles du monde en se consacrant, tête baissée, à son activité décrivain. « Avant, jécrivais mes romans dans le seul but de les réussir », explique César Aira, puis il ajoute : « Eh bien voilà, arrivé à un certain point, après une vingtaine de livres publiés, je me suis senti obligé de me mettre sérieusement à réfléchir ». Réfléchir à ce qui la jusquici poussé à écrire, sans doute pour lui permettre déviter les pièges du temps, pense-t-il, ou celui de la mort. Non pas tant la mort individuelle, car « la mort de tout le monde est bien plus terrifiante que la mort individuelle, [ ] il nest pas nécessaire dattendre la mort individuelle, car la Fin du Monde nous accompagne tous les jours, elle est en train de sopérer imperceptiblement à chaque petit fait qui survient, au hasard de tous les faits et de toutes les pensées ». Egrenant les anecdotes et rassemblant ses souvenirs, César Aira se lance dans une forme dintrospection qui, de la philosophie à la psychologie, voire à la psychanalyse, de la linguistique à la sémiologie appliquées à ses livres passés, le pousse à imaginer, non sans humour et parfois cynisme, ce que pourraient être ses livres futurs. Nest-il pas temps pour lui darrêter décrire ? Ou comme Evariste Galois, le génial mathématicien à qui il consacre tout un chapitre, décrire en une seule nuit lensemble de son oeuvre ? Cest à partir de plusieurs questions de ce type que César Aira décortique son rapport personnel à lécriture. Ce rapport ludique, plein dhumour et dune fraîcheur réconfortante forme le sujet essentiel de son roman. Un sujet qui consiste à dépasser la mort individuelle de lauteur pour, par petites touches, se mettre soi-même en perspective avec la fin de tous, cest-à-dire la Fin du Monde, et à achever Le Livre, au sens de Mallarmé, ou à se lancer jusquau bout dans linachevable Encyclopédie. « Oui, cest bien cela, une espèce dencyclopédie générale qui contiendrait tout », dit César Aira avant de poursuivre : « Le but de toute une vie est de parvenir à tout savoir. Et son registre final est lEncyclopédie ».
pour faire un bilan de sa vie. César Aira y voit aussi loccasion de prendre un nouveau départ, de
combler les trous qui émaillent sa connaissance, et lont jusquici poussé à surseoir aux explications
essentielles du monde en se consacrant, tête baissée, à son activité décrivain. « Avant, jécrivais mes romans dans le seul but de les réussir », explique César Aira, puis il ajoute : « Eh bien voilà, arrivé à un certain point, après une vingtaine de livres publiés, je me suis senti obligé de me mettre sérieusement à réfléchir ». Réfléchir à ce qui la jusquici poussé à écrire, sans doute pour lui permettre déviter les pièges du temps, pense-t-il, ou celui de la mort. Non pas tant la mort individuelle, car « la mort de tout le monde est bien plus terrifiante que la mort individuelle, [ ] il nest pas nécessaire dattendre la mort individuelle, car la Fin du Monde nous accompagne tous les jours, elle est en train de sopérer imperceptiblement à chaque petit fait qui survient, au hasard de tous les faits et de toutes les pensées ». Egrenant les anecdotes et rassemblant ses souvenirs, César Aira se lance dans une forme dintrospection qui, de la philosophie à la psychologie, voire à la psychanalyse, de la linguistique à la sémiologie appliquées à ses livres passés, le pousse à imaginer, non sans humour et parfois cynisme, ce que pourraient être ses livres futurs. Nest-il pas temps pour lui darrêter décrire ? Ou comme Evariste Galois, le génial mathématicien à qui il consacre tout un chapitre, décrire en une seule nuit lensemble de son oeuvre ? Cest à partir de plusieurs questions de ce type que César Aira décortique son rapport personnel à lécriture. Ce rapport ludique, plein dhumour et dune fraîcheur réconfortante forme le sujet essentiel de son roman. Un sujet qui consiste à dépasser la mort individuelle de lauteur pour, par petites touches, se mettre soi-même en perspective avec la fin de tous, cest-à-dire la Fin du Monde, et à achever Le Livre, au sens de Mallarmé, ou à se lancer jusquau bout dans linachevable Encyclopédie. « Oui, cest bien cela, une espèce dencyclopédie générale qui contiendrait tout », dit César Aira avant de poursuivre : « Le but de toute une vie est de parvenir à tout savoir. Et son registre final est lEncyclopédie ».
Biographie de l'auteur
César Aira est né à Coronel Pringles, dans la province de Buenos Aires, le 23 février 1949. Il réside à Buenos Aires depuis 1967, dans le quartier de Flores, cher à Roberto Arlt. Romancier, nouvelliste, essayiste, dramaturge, traducteur, il a publié une cinquantaine de livres. Comme beaucoup d'intellectuels argentins, il est polyglotte et a lu les romans d'aventure et les grands auteurs français, dont il parle couramment la langue. Dans ses textes de fiction, il aime à mêler réalisme, absurde et fantastique. Il écrit aussi régulièrement pour le quotidien espagnol El Pais.