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anorexie mimétique, 30 octobre 2011
Dans ce petit essai, Girard explique la nature mimétique de l'anorexie. Entre autres, il en détermine l'origine historique. La recherche de minceur n'a pas toujours existé, Girard situe le point de départ de cette épidémie dans une rivalité mimétique entre les impératrices Eugénie et Sissi, le désir de minceur ayant ensuite contaminé toutes les couches de la société, du haut vers le bas.
Dans la préface et l'entretien qui suit cet essai, d'autres auteurs complètent cette analyse, par exemple en développant l'aspect sacrificiel de l'anorexie.
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La rivalité mimétique : le ressort de l'anorexie, 23 novembre 2008
René Girard démontre dans cette analyse que l'anorexie est le fruit de la rivalité mimétique, essentiellement de la femme, vis-à-vis de l'Autre qui est modèle - ce même modèle qui désire l'Autre pour modèle et ainsi de suite.
"L'essentiel c'est toujours l'Autre, un Autre qui est n'importe qui, l'incarnation d'une totalité imprenable, présente partout et nulle part, que l'on s'obstine à vouloir séduire. C'est l'Autre comme obstacle insurmontable. Cela devient une soumission à un impératif purement métaphysique. Si vous n'avez pas la vraie religion, vous aurez une religion plus terrible..."
Car "dans le monde moderne, nous nous mesurons en tant qu'individus contre tous les autres individus. La communauté n'est rien et l'individu est tout. Nous avons repéré l'ennemi et c'est nous." (cf.
L'Ere du vide : Essais sur l'individualisme contemporain et
La culture-monde : Réponse à une société désorientée de Gilles Lipovevtsky).
Or l'anorexie, ce désir de minceur, René Girard nous explique qu'il date de plus de 150 ans. Alors les deux impératrices, l'épouse de Napoléon III et Sissi, à chaque fois qu'elles se rencontraient, se mesuraient leurs tailles. Ce modèle de minceur s'impose par la photographie (mannequins), la télévision.
Ainsi dans des îles Fidji où la télévision n'existait pas avant 1995, "il était rare de trouver des indigènes qui fissent un régime, car la culture fidjienne traditionnelle valorise un fort appétit et un corps robuste. Or seulement trois ans après l'arrivée du petit écran, 74% des lycéennes interrogées disaient se sentir "trop grosses" au moins une partie du temps et 69% avaient déjà essayé un régime pour perdre du poids. Mais la chose la plus étonnante est que 11% d'entre elles avaient eu recours aux vomissements auto-infligés (au lieu de 0 en 1995). Au cours des entretiens, les filles confirmaient que les personnages vus à la télévision étaient devenus des modèles pour elles."
La rivalité mimétique est présente partout. Nous en sommes toujours les victimes. René Girard nous aide à nous analyser afin de ne pas être piégé, aliéné, par cette mécanique du mimétisme.
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