N'attebdons de ce film ni véracité historique ni didactisme politique: l'étrange histoire de cette poignée d'intellectuels anglais devenus espions soviétiques dans les années trente n'est ici que le prétexte à une effusion lyrique où se mêlent intimement rancoeur et nostalgie.Un vieil homme se souvient, dans son appartement de Moscou, de cette Angleterre sportive et hypocrite, puritaine et violente, élégante et militarisée, contradictions qui, dans le milieu confiné d'une public school, deviennent vite explosives. Grâce à deux acteurs eextraordinaires, Colin FFirth et Rupert Everett, l'amitié et la complicit entre ces jeunes gens, le communiste intègre et l'esthète aristocrate qui affiche (avec ne impudence qu'on lui fera payer cher) son homosexualité, acquiert une totale crédibilité. Le fond de ce film, avec ses paysages champêtres à la douceur trompeuse et une musique envoûtante, c'est la nostalgie d'une jeunesse et d'un pays, et l'amertume de ce que cette jeunesse et ce pays n'aient pas eu la société qu'ils méritaient. Pas si mal, finalement, comme contenu politique!