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10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Dorati, Une anthologie incontournable,
Par claude toon "Juge ou avocat ??" (paris) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Antal Dorati conducts (CD)
Bien que moins connu, ou disons célèbre, que des grands noms comme Karajan, Solti ou Bernstein, Antal Dorati fait partie des légendes de la musique enregistrée.Dans cette magnifique anthologie qui lui est consacrée, le jeune chef hongrois émigré en 1945 (qui enregistrera considérablement : 600 disques) dirige principalement l'Orchestre de Minneapolis à la fin des années 50 et le symphonique de Londres pour 3 morceaux. Explorons les principales œuvres proposées... CD1 : il comporte deux œuvres phares de Stravinsky. Le sacre du printemps : rien de mieux que les phalanges made in USA sans pathos pour interpréter cette musique volcanique aurait dit le compositeur. Dorati, en moins de 30 minutes, le son Mercury aidant, nous jette vivant dans le sacrifice de la Russie païenne. La version la plus féroce imaginable, le chef nous transporte de la Russie vers l'ile de King Kong en 1933. Au début des années 80, il récidivera toujours avec un orchestre américain, celui de Détroit. Le trait se sera assagi, plus classique, mais tellement articulé, que la richesse de la partition apparaitra mieux qu'en 1959. Malgré cela, on ne peut échapper à la fièvre envoutante de cette première version. Petrouchka épouse la même vitalité. Dès l'introduction, le dialogue dru et alerte entre la flute et les violoncelles nous entraîne dans une fête symphonique exaltée. La prise de son très proche (la fameuse prise de son à 3 micros de Mercury) nous promeut musicien de l'orchestre à titre invité. Toute la magie luxuriante de l'orchestration de cette pantomime à la fois guillerette et dramatique ressort avec une rare lisibilité, une interprétation d'une pédagogie, pour découvrir les moindres détails, et d'une alacrité sans égales ! CD2 : Prokofiev Ah la suite Scythe ébouriffée que voici ! La colossale puissance retrouve une énergie parfois atone ultérieurement. La Grosse caisse fait trembler les murs à écoute normale. Les pionniers de la stéréophonie vinyle faisaient des miracles. Comme pour Stravinsky, toute la polyphonie est présente, claire, endiablée. Dorati maîtrise la rythmique vigoureuse et guerrière souhaitée par Prokofiev, un modèle. Ces remarques s'appliquent à une dynamisante suite « des trois oranges ». La 5ème symphonie peut vite être gagnée par la grandiloquence quand un interprète déséquilibre ses aspects héroïques et humanistes. Dorati avec des tempi vifs nous entraînent à bras le corps dans les interrogations du compositeur pendant cette période de fin de guerre. Là encore la direction très concertante, opposant héroïsme et nostalgie, ne nous lâche pas une seconde. Un phrasé volontairement énergique, transparent et jamais vulgaire domine cette version qui se hisse, par son extrême articulation, comme une alternative au disque incontournable de Karajan de 1969. CD3 : Répertoire US A la lumière des précédents propos, on ne s'étonnera pas si la suite « un américain à Paris » bénéficie de la sécheresse des timbres voulues, du discours véloce, et d'un humour communicatif. Dorati contrôle comme sienne cette musique de son pays d'adoption, en tournant franchement le dos au legato plus romantique des orchestres européens de l'époque. Les chefs américains trouvent en Dorati un concurrent dans Rodéo d'Aaron Copland. Le ballet qui nécessite une exubérance « à la Broadway » est interprété très staccato, les nombreuses syncopes sont très marquées et ainsi l'interprétation ne manque pas du punch et de la drôlerie nécessaires. Après ces deux œuvres vivantes voire jouissives, une surprise nous attend dans la variée et méconnue suite de Gunther Schuller et ses 7 études inspirées de la peinture de Paul Klee. On ne peut nier la nature contemporaine de ces accents tantôt déchirants tantôt ludiques. La précision de la direction mêle éclat et accent jazzy surtout dans « Little Blue Devil ». Une magnifique curiosité. Le CD se conclut sur une œuvre également peu enregistrée. Dorati, en adoptant un legato plus classique, s'approprie la « Sinfonia Breve » de Bloch au dramatisme contrasté. Le maître saura conserver ce climat nostalgique dans son interprétation où l'intérêt ne faiblit jamais. CD4 : Richard Strauss Fritz Reiner fut le premier chef américain (d'origine hongroise lui aussi) a gravé Strauss pour la Stéréophonie. On retrouve ici, comme avec le vieux maître, un Strauss au trait moins viennois qu'à l'accoutumée. Les 4 œuvres conservent bien évidement leur côté élégiaque et tempétueux, mais avec un tracé au cordeau du phrasé qui les rend très accessibles à l'auditeur. Les chefs germaniques à Berlin et Vienne approcheront plus réellement la quintessence du musicien bavarois. Mais la poésie, le fourmillant jeu orchestral est parfaitement mis en valeur, on ne s'ennuie pas une seconde dans les quatre pièces. Dans Mort et transfiguration, l'inspiration de Dorati s'approche de la gravité de Klemperer dans ce poème symphonique à la fois diaphane et farouche. CD5 : Albéniz, de Falla, Moussorgski et Smetana Pour tous ces compléments, je risque fort de me répéter... C'est de la même veine. Le prélude de la Khovantchina est d'une sensibilité et d'une beauté orchestrale qui ne peut qu'émouvoir. Un magnifique programme qui permet de mieux découvrir un artiste à ne jamais oublier. Pour ceux qui ne connaissent pas ces œuvres ou voudrait en découvrir une image différente lumineuse et enflammée, ce coffret est pour vous... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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