Lorsque sort "Anti-ep" en 1994, Sean Booth et Rob Brown ont une idée en tête. Faire connaître leur désaccord concernant la ridicule loi "Criminal Justice and Public Order Act 1994" interdisant purement et simplement les raves. Et pourquoi ça? Simplement parce que l'on y écoute une musique binaire et répétitive. Il n'y a vraiment que les politiques pour inventer une telle infamie et c'est pourquoi le duo Autechre se devait de réagir. A l'écoute de "Lost" et "Djarum", deux des trois titres que propose cet ep, on comprend assez vite l'aspect provocateur et essentiel de "Anti-ep". D'autant plus que lorsque l'on connait bien le groupe on sait combien, à travers la déstructuration dont font l'objet la plupart de ses œuvres, ils ne se fait que très rarement le chantre d'une musique répétitive. Tout du moins au niveau de la structure rythmique (il faut avouer que la musique de Brown et Booth s'écoute plus aisément assis dans un fauteuil qu'en boite).
Car effectivement, avec "Lost" et "Djarum", ils prennent le contrepied de cette loi qui n'a ni queue ni tête en proposant justement une musique répétitive. Ce qui est surtout flagrant avec le premier morceau qui durant neuf longues minutes va proposer en boucle, une même nappe et un même beat sans jamais se dévier de sa route.
"Anti-ep" est donc auréolé d'une aura toute particulière qui en fait un objet véritablement à part dans l'immensité que représente la musique électronique en général et dans la discographie du groupe en particulier.
J'oserai presque dire qu'il faudrait même l'étudier en cours de musique.
"Anti-ep" est donc juste IN-DIS-PEN-SA-BLE !