Le double CD DG regroupant les 7° et 8° symphonies de Bruckner par Böhm et l'Orchestre philharmonique de Vienne me paraît absolument indispensable pour la 8°, moins pour la 7°, en particulier son premier mouvement, un peu lourd, buriné, appuyé, statique. Cet enregistrement de concert vient totalement racheter Böhm dans la 7°. L'Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise y est excellent : discipliné, précis, d'une transparence respectée par la prise de son qui radiographie des contrechants rarement audibles. Le chef impose un mouvement continu, qui ne s'arrête pas, ne pèse pas. Böhm ne renonce certes pas à la percussion sur le sommet de l'Adagio, que je persiste à considérer comme contraire au sens de l'oeuvre, mais il nous épargne le flonflon à la Thielemann. Sa direction appelle en fait peu de commentaire, tellement elle est caractérisée par la simplicité, le naturel, ce qui est jusqu'à nouvel ordre la meilleure façon de ne pas tomber dans le contresens si courant qui consiste à confondre le ton et le parcours de la 7° avec celui de la 8°, par exemple. En conclusion, encore une très grande pièce à verser au dossier de la discographie de la 7°, si profondément bouleversée depuis dix ans.