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5.0 étoiles sur 5
Etat de grâce, 12 janvier 2004
Cette Huitième symphonie est le dernier enregistrement de Bruckner réalisé en concert par le regretté Günter Wand avec le Philharmonique de Berlin, sa mort interrompant le nouveau cycle Bruckner qu'il souhaitait entreprendre avec cet orchestre. Avec le concours d'un orchestre d'une beauté à couper le souffle, Günter Wand nous livre une lecture d'une éblouissante clarté, permettant à l'auditeur d'apprécier cette musique à la verticalité écrasante. Les tempi adoptés par Wand, plutôt larges, mais jamais allanguis, sont tout simplement justes, et l'émotion naît ici davantage du travail accompli sur la texture orchestrale, la pâte sonore, que de la conduite d'un discours dramatique. En effet, l'humilité du vieux chef devant cette musique qu'il connaît par coeur et qu'il sait rendre de bout en bout passionnante, est bouleversant.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
version d'anthologie, 13 octobre 2007
Dans cette version, l'Orchestre philharmonique de Berlin se dépasse et atteint des cimes extraordinaires. Le chef y livre une compréhension parfaite des tenants et aboutissants de l'oeuvre, tant au niveau formel que dans la mise en relief des motifs unificateurs de toute la symphonie ! Un grand coup de chapeau !
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5.0 étoiles sur 5
mérite 6 étoiles, 30 septembre 2005
Au crépuscule, et au sommet, de la longue carrière du chef d'orchestre Günter Wand, RCA profite de ses invitations à la tête de l'Orchestre philharmonique de Berlin pour publier quelques enregistrements dont l'importance n'est peut-être pas encore perçue à sa juste hauteur. Après les Inachevée et Grande de Schubert, paraissent de Bruckner les symphonies n° 5, 4, 9, 7 et 8, cette dernière juste avant le décès du chef. Chacun de ces disques renouvelle la discographie, pourtant pléthorique, de l'oeuvre, et j'ai envie d'ajouter que le différentiel, l'apport de Wand est à chaque fois plus grand. Certains de ces disques relativisent en grande partie les qualités brucknériennes d'Eugen Jochum, c'est dire. La 8°, plus grand chef-d'oeuvre achevé de Bruckner, apogée du genre symphonique et une des plus grandes oeuvres d'art du patrimoine universel, toutes catégories confondues, est aussi sur ce CD, où elle trouve sa plus parfaite expression, l'aboutissement suprême de l'art de Wand. Et pourtant, son accueil par la presse française a été tiède, en tout cas au regard de sa qualité exceptionnelle (8 de Répertoire, 4 Diapason). Quelques toux (trop rares pour être retenues contre ce disque) viennent rappeler que l'on est en concert, ce qu'on oublierait facilement tant le fini instrumental est impressionnant. Le Philharmonique de Berlin, confié à un chef de haut vol, peut donc retrouver son niveau de l'époque Karajan... Dès le début, on ne peut qu'être frappé par la compréhension intime que Wand manifeste de l'oeuvre, qui sous sa baguette se développe d'elle-même, avec une parfaite logique. La tension entre action et contemplation, entre tragique et extase, qui problématise la discographie de cette symphonie, est ici résolue. Non pas qu'on soit sur une sorte de voie médiane-médiocre, mais dans un en-deçà de la biffurcation, où l'auditeur vit le récit psychologique tout en ressentant l'appel de l'infini. Pas de conflit non plus entre expressivité et beauté musicale : les phrases se déroulent dans une plastique irréprochable, tout en étant gorgées de sens : résultat, un impact maximal. A ce niveau, Wand réussit tout, absolument tout. Depuis l'allegro moderato, les colorations des cordes comme des cuivres subjuguent. Le scherzo est un modèle sans doute insurpassable. Contrairement à tant d'autres chefs, Wand comprend que ce n'est pas un moment d'agression (différence fondamentale avec la 7°) mais une sorte de chevauchée fantastique. Les attaques subtilement décalées des cuivres (quelle mise en place !) sont encore plus réussies que chez Haitink à Vienne, et les coups de timbale révèlent un pouvoir d'émotion inconnu jusque-là. Ce n'est certainement pas Jochum qui nous aura serré le coeur avec ce mouvement. Les vagues et les ressacs de l'adagio ne sont pas moins anthologiques, avec ces arêtes vives dans le mouvement si magnifiquement rendues. Le finale est nécessaire, inéluctable, jusqu'à cette prodigieuse coda. Guidé par les phrases ascendantes de violons, d'abord maladroites, incomplètes (3-3-2, comme l'a trop grossièrement souligné Celibidache), qui souffrent, qui travaillent, pour finalement s'extirper de l'imperfection, anéanti par les cors et les trombones, l'auditeur est porté par les timbales jusqu'à la contemplation de l'absolu où, arraché à son enveloppe charnelle, il est accueilli par les sonneries des trompettes. Véritablement apocalyptique, selon son surnom apocryphe, à la fois ex-termination et révélation, cette 8° est sans concurrence, hormis peut-être Böhm avec le Philharmonique de Vienne.
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