Désormais une référence bien établie dans le petit monde du Stoner Rock et du Heavy Metal revivaliste 70s, les texans de The Sword s'avancent avec leur 4ème album, Apocryphon, et pas le moindre signe d'affaiblissement.
Au programme, toujours cet hybride métallique sous haut parrainage Sabbathien où les riffs plombés groovent plus souvent qu'à leur tour, où le chanteur - digne héritier de l'abatteur de Birmimgham sans en être le clone - balance des mélodies et des textes qui font mouche, où la section rythmique s'amuse visiblement beaucoup (en particulier un batteur, nouveau venu dans l'entreprise, qui roule de plaisir du début à la fin) à rythmer des compositions efficaces et bien troussées.
Dans la lignée des albums sortis par le quatuor, on rapprochera volontiers Apocryphon de leur pèché originel,
Age of Winters avec lequel il partage des aspirations secouantes similaires. Toutefois, c'est revu à l'aulne des progressions du groupe qu'il s'affiche avec, notamment, des emprunts stylistiques à d'autres géants que l'ultra-référentiel Black Sabbath comme le prouvent quelques double-guitares en directe provenance du catalogue de Wishbone Ash ou Thin Lizzy, des atours psychédélico-progressifs non sans rappeler (par exemple, pas tout à fait au hasard...) Hawkwind. Juste ce qu'il faut, en fait, pour créer un identité (à minima) et éviter de ne passer que pour de vils recycleurs d'émotions.
Si la tracklist est sans faux pas - quoiqu'un peu monolithique à la première écoute, autant l'avouer -, la production précise, claire, puissante et bien équilibrée n'est pas en reste et constitue l'écrin idéal pour ce genre de perle sauvage qu'elle couronne donc d'un succès sonique complétant aptement la réussite compositionnelle.
Certes, The Sword n'invente rien mais le fait avec un tel talent, une telle aisance et une telle conviction qu'on ne peut que croire à l'honnêteté de la démarche. En l'espèce, Apocryphon, beau résumé des épisodes précédents à défaut de développement prospectif de leur art, s'avère, pour les nouveaux venus, une excellente entrée en matière et, pour les habitués, un rendez-vous qu'on se devra de ne pas manquer. Et encore moins dans une "deluxe edition" offrant, en sus des 44 minutes nouvellement déployées, 20 minutes de live de belle tenue et une reprise de ZZ Top, Cheap Sunglasses, qu'on n'attendait pas forcément là (sauf à considérer leur racines texanes) mais accomplit son petit effet.
A consommer, donc, sans modération avec les potards à 11, c'est ainsi que l'impact en sera le plus significatif.
Personnel:
- J. D. Cronise: chant, guitare
- Kyle Shutt: guitare
- Bryan Richie: basse, synthétiseurs
- Santiago "Jimmy" Vela III: batterie, percussions
Tracklist:
1. The Veil of Isis 5:32
2. Cloak of Feathers 5:25
3. Arcane Montane 4:06
4. The Hidden Masters 4:49
5. Dying Earth 5:22
6. Execrator 2:46
7. Seven Sisters 3:30
8. Hawks & Serpents 4:31
9. Eyes of the Stormwitch 3:10
10. Apocryphon 4:59
Bonus
11. Arrows in the Dark (live at Emo's) 4:53
12. Barael's Blade (live at Stubbs's) 3:00
13. The Chronomancer II: Nemesis (live at Stubb's) 6:05
14. Ebethron (live at Stubb's) 6:36
15. Cheap Sunglasses (ZZ Top cover) 4:18