Enfin! Après la version "d'attente" de Bezzina (chantés par des enfants) et celle, beaucoup plus récente de Nicolas Matt (sur instruments "modernes")voilà que Linn records entreprend une intégrale des opéras de Mozart, "historiquement informée", en la confiant à l'excellent Ian Page et à son plus que valeureux orchestre sur instruments "anciens". Le résultat est franchement enthousiasmant: la partition est enfin révélée dans toute sa beauté et toute sa richesse (d'autant plus incroyable que c'est un gosse de onze ans qui en est à l'origine). Le Latin, loin des prononciations empesées, est utilisé de manière "naturelle" et italianisante par les interprètes, apportant un surcroît de fluidité dans les récitatifs. Alors que les versions précédemment citées distillaient un ennui distingué, la version de Ian Page est passionnante de bout en bout, débordante de vie musicale, comme l'exige la musique bouillonnante d'un gamin plus que précocement génial. Vivement Bastien et Bastienne ainsi que la Finta Simplice qui attendent toujours qu'on s'intéresse vraiment à eux.