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"Et pourtant elle tourne !", cette Terre, sur elle-même et autour du soleil. Galilée, qui soutenait la découverte de Nicolas Copernic, fut condamné par le tribunal de l'Inquisition et dut abjurer en 1633 cette vérité dérangeante pour les théologiens. En 1616, alors que les enquêtes commencent, le cardinal Caetani demande son avis à un frère dominicain Tommaso Campanella : l'Apologie de Galilée est sa réponse "où l'on examine si la méthode de philosopher prônée par Galilée est en accord avec les Saintes Écritures ou contraires à elles". Le texte manifeste pour le droit à une philosophie naturelle raisonnée. L'Église était-elle prête à entendre cette défense de Galilée ? Campanella, victime lui aussi de l'Inquisition, est prudent.
"Au reste, dans ce que j'ai dit, et écrit, et écrirai, je fais perpétuelle soumission à la censure de notre Sainte Mère l'Église romaine et au jugement des meilleurs. Porte-toi bien, Illustrissime Cardinal Caetani, patron des vertus italiennes."Sage précaution : imprimé en Allemagne et diffusé dans toute l'Europe, l'ouvrage est interdit de facto en 1622. Michel-Pierre Lerner présente une édition du texte en latin et de sa traduction française, accompagnés par une longue introduction et par un apparat critique exceptionnel. Jalon important pour l'histoire intellectuelle de l'Occident, l'œuvre de Campanella est audacieuse et témoigne d'une révolution scientifique en marche. --Loïs Klein
Quatrième de couverture
Ecrite par Tommaso Campanella (Stilo 1568-Paris 1639) au début de 1616 pour éclairer les théologiens qui combattent lhéliocentrisme en sarc-boutant sur la Bible et la tradition sacrée, lApologia pro Galileo est dabord un manifeste en faveur de la liberté de philosopher dune étonnante audace. Le dominicain Campanella y soutient en effet la thèse que Galilée a le droit denquêter sur le monde avec les seules armes de la raison et de lexpérience, sans ingérence de la théologie. Défense vigoureuse du savant menacé, lApolopia pro Galileo est aussi un appel à lélite dirigeante de lEglise pour quelle reconnaisse en Galilée et en Campanella deux chrétiens soucieux de rendre à lItalie et à Rome son empire dans le domaine des sciences et son rayonnement spirituel. Malgré sa grande habileté dialectique, le plaidoyer de Campanella ne pouvait pas être entendu de son temps, et lEglise condamna une doctrine cosmologique qui navait pourtant rien à voir avec la foi avec la foi ni avec le salut des âmes. De cet important texte de Campanella, on propose ici une édition critique du texte latin et une traduction française, précédée dune longue introduction et accompagnée dun riche appareil de notes.
Michel-Pierre Lerner, directeur de recherche au CNRS, est auteur dun Campanella en France au XVIIe siècle (Naples, Bibliopolis, 1995). Il a publié en 1996 et 1997 aux éditions Les Belles Lettres (Collection lAne dor) Le Monde des sphères. Tome I : Genèse et triomphe dune représentation cosmique. Tome II : La Fin du cosmos classique.