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Apologie de la punition [Broché]

Emmanuel Jaffelin
4.2 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (4 commentaires client)
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Descriptions du produit

Extrait

Extrait de l'introduction

La punition, cheminement historique de l'humanité

Quel bilan puis-je tracer de mon intervention en Maison d'arrêt ? D'abord qu'on ne peut que constater l'échec de la prison qui n'atteint pas son objectif affiché, punir. Loin de m'avoir converti à la logique pénitentiaire, ma fréquentation ponctuelle mais régulière de la prison m'a conforté dans l'idée qu'elle constituait moins une solution qu'un problème. Si ma réflexion pénale avait débuté par l'humeur et l'émotion, cette expérience m'incitait à rechercher ce qui faisait de la prison une impasse tout en frayant de nouveaux chemins à la punition. Mon article n'a rien changé ni à la prison ni à la justice en France : un détenu continue tous les trois jours en moyenne d'être à l'article de la mort, le taux de récidive des condamnés y est de 60 %, et c'est presque exclusivement la même partie de la population qu'on y retrouve, ce qui rend peu crédible l'existence d'une justice, sauf à penser, comme sous l'Ancien Régime, que les pauvres - les vilains - ont une moralité déplorable et une propension au vice et au crime qui les conduit logiquement derrière les barreaux. Il y a des formes de violences discrètes qui passent le tamis de la justice, celle-ci retenant seulement les violences les plus visibles. Certes, voler, violer et tuer ne sont pas des crimes anodins et la société doit sans conteste condamner lourdement leurs auteurs. Mais d'autres actes provoquent la spoliation, la perte de l'intégrité physique et morale et la mort alors que leurs auteurs - élus sans scrupules, délinquants en col blanc, hommes de médias intrigants - sont rarement inquiétés. N'y a-t-il pas là une inversion des valeurs, surtout lorsque ces hommes sont présentés comme modèles à une population pourvue de bon sens et d'esprit critique ? Se contenter d'une telle justice ne risque-t-il pas de nourrir dans la population un sentiment d'injustice, voire de révolte ?
Cet article n'a donc pas fait mouche, mais il comportait une intuition programmatique que ce livre veut développer. De la prison comme impasse totale, j'en suis venu logiquement à interroger ce qui devrait justifier son existence, à savoir l'idée de punition. A l'époque, je pensais que la punition se composait de deux moments : la sanction et la réparation. Le coupable d'une faute, lorsqu'il est identifié, doit d'abord être sanctionné, c'est-à-dire reconnu par la société comme coupable. Cette reconnaissance manque cruellement aujourd'hui, d'une part parce que nous vivons dans des sociétés démographiquement importantes qui rendent difficile la connaissance du crime non seulement d'un bout à l'autre du territoire - ce qui historiquement fut rarement le cas -, mais surtout auprès de la population directement touchée. Seuls les crimes les plus violents et les plus sordides accèdent à cette notoriété, la majorité des autres demeurant confidentiels. Cette reconnaissance publique de la faute est d'autre part empêchée par l'anonymat qui caractérise la vie de l'homme postmoderne en bien comme en mal. Dans un tel anonymat, la punition devient elle aussi anonyme et perd de sa force. On entre en prison comme on en sort : discrètement. Dans nos sociétés, les actes d'honneur sont sans gloire, ceux de déshonneur sans honte. La forme obscure et cachée que revêt la prison explique donc en partie son inefficacité.

Un mot de l'auteur

Que ceux qui s'engagent dans la lecture de ce livre n'y pénètre pas le fouet à la main ! Au-delà du titre, cette Apologie de la punition invite à réfléchir sur la faute et la manière que nous avons d'y répondre. Si d'un côté la prison constitue une mauvaise réponse à la faute, l'absence de réflexion sur la punition contribue d'un autre côté à semer la violence dans nos sociétés démocratiques. Obsédés par le droit, nous faisons les choses de travers depuis que nous avions confié à l'État le soin maladroit de résoudre (ou d'absoudre) les fautes. Citoyens, levez-vous et ne faites pas du code pénal la bible de votre conduite !
L'impensé pénal est un champ d'investigation. Aujourd'hui, il faut une loi pour qu'il y ait une faute ! Nullum crimen, nulla poena sine praevia lege poenali. L'inflation des lois dissout la responsabilité qui a en outre été détrônée et remplacée par la victimité : nous sommes tous victimes, donc peu punissables. Personne n'a cassé le vase de Soisson ! Et le pire des criminels dispose d'un catalogue de motifs atténuant son mobile. L'enfant est roi, le parent coi. L'élève peut effectuer tout son parcours scolaire sans travail ni faute. Le sportif est sifflé par l'arbitre qui décide de la touche ou du pénalty ; mais sa place sur les écrans découle d'une grande impunité concernant l'absorption de produits interdits. The show must go on ! Seule la diplomatie américaine retrouve du goût à la punition lorsqu'elle envahit des États Voyous (Rogues States)... sur le terrain desquels elle s'enlise.
A ceux qui me demandent si je ne suis pas schizophrène pour écrire, d'abord sur la gentillesse, puis sur la punition, je réponds par deux définitions : être gentil, c'est rendre service à quelqu'un qui vous le demande ; punir, c'est rendre service à quelqu'un qui ne vous le demande pas. Dans les deux cas, il est questions d'amour. La punition ne consiste pas à exclure quelqu'un - ce que font nos sociétés en coupant les coupables de la société par l'incarcération - mais à le remettre aussitôt dans le flux de la vie sociale. Ce que la faute déchire, la punition doit le recoudre. Est-ce un hasard si Anders Breivik - le tueur norvégien de 77 jeunes sur l'île d'Utoya à l'automne 2008 - explique sur son blog «que son éducation a totalement manqué de discipline» ? L'idéologie moderne répète que tous les enfants battus feront des parents qui battent. Mais que dit la science sur les enfants impunis ? Quels adultes, quels salariés ou entrepreneurs, quels conjoints ou parents seront-ils ? Je défends dans ce livre l'idée que la punition est le moyen de revisiter, au-delà de notre système pénal, la justice, la société et, en toute discrétion, l'humanité !
«Le pardon n'est pas au bout du chemin ; il est le chemin» Françoise Chandernagor

Emmanuel Jaffelin

Biographie de l'auteur

Agrégé de philosophie, Emmanuel Jaffelin enseigne la philosophie au lycée Lakanal de Sceaux. Il est l'auteur de l’Éloge de la gentillesse (2010), du Petit Éloge de la gentillesse (2011), d'une Petite philosophie de l'entreprise (2012) chez François Bourin Éditeur. En 2012, il a donné des contributions dans Sorties de tables (L'élocoquent éditions), Plages philo à l'usage de tous (Éditions Taillandier) et s'est vu consacrer un chapitre de l'anthologie d'André Guigot (Qui pense quoi ? Inventaire subjectif des grands penseurs contemporains, Bayard). En 2013, il a publié dans la collection " Antidote " de Flammarion On ira tous au paradis. Croire en Dieu rend-il crétin ?
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