La mythologie est longtemps restée, pour moi, quelque chose de mystérieux, voire d'inabordable, réservé aux grands esprits. Enfant, j'étais ainsi impressionné par les enfants « curieux de tout » qui semblaient se passionner pour cette chose qui, pour moi, restait bien mystérieuse et probablement pas compatible avec mes centres d'intérêt très « terre à terre » du moment.
Et, jusqu'à aujourd'hui, cette idée est restée assez ancrée en moi. J'admirais mon propre aîné, grand dévoreur d'ouvrages sur la mythologie grecque et romaine (un nom à lui tout seul impressionnant), qui en fit même vers l'âge de 9 ou 10 ans l'une de ses rares activités extérieures, proposée dans la municipalité.
Un peu rebuté par avance par cette lecture, que je pensais aborder avec difficulté et réticence, et malgré les encouragements de mon fils (qui s'est emparé avec délice de ce livre, que je m'étais fait offrir pour Noël, bien avant moi pour le savourer fidèle à son habitude), m'assurant qu'il était très simple et facile à lire, j'ai finalement fini par me décider à en débuter la lecture après en avoir fini avec un tas d'autres livres lus depuis Noël. Et, surprise, loin d'être quelque chose d'inabordable, la mythologie m'a semblé étonnamment simple et fluide.
Il faut dire que Luc Ferry fait preuve ici de ses qualités de très bon pédagogue pour rendre simple et clair à tout un chacun cette construction antique dont il rend clairs les fondements et établit bien les origines, ainsi que les fondements intellectuels.
Sans avoir lu le tome 1 de cette série d'ouvrages, j'ai donc abordé cette lecture avec aisance. Un peu dérouté, au départ, par ce tutoiement de son lecteur qui ne me convenait pas a priori, mais il s'en explique parfaitement dans l'avant-propos (il écrit pour des enfants, s'imaginant expliquer à ses propres enfants, s'obligeant ainsi à définir et expliciter chaque mot), je suis entré très vite dans le livre.
La construction logique permet de bien comprendre les origines de la mythologie, ses grandes étapes chronologiques, du Chaos à l'apparition de Gaïa, puis des Titans et le combat des Olympiens, au premier rang desquels Zeus, contre ces mêmes Titans, pourtant leurs ascendants directs, avant de se prolonger par le nouveau combat de Zeus contre Typhon, dans la recherche d'une construction harmonieuse du Cosmos.
Un glossaire, en plein milieu de la lecture, permet rapidement de récapituler quels sont les principaux dieux, leur nom en grec et en latin, leur ordre d'apparition, ainsi que la génération à laquelle on peut les rattacher.
Puis, à travers l'énonciation des principaux mythes, replacés dans leur contexte, Luc Ferry s'attache à retrouver leur signification et prolonger la réflexion en s'interrogeant sur les causes de l'apparition de l'homme au sein de ce Cosmos, puis des injustices, difficultés ou drames auxquels il est perpétuellement confronté. L'occasion de dépasser la simple description pour s'interroger sur le sens de la vie, de la mort, de la morale ou des religions.
En ce sens, l'auteur voit la Philosophie comme un prolongement naturel de la mythologie et privilégie une vision laïque de cette dernière. Selon lui, elle serait pour les Grecs un moyen d'accepter l'absurdité du monde et de l'aimer tel qu'il est, s'ouvrant ainsi au monde et adoptant un rapport au temps que nous n'avons plus aujourd'hui, « sans nostalgie du passé, ni crainte superflue de l'avenir ».
Là se trouve l'invitation à retrouver la sagesse des Anciens.
Une vraie leçon de vie.